Drame de Sierre: interview de Jean-Pierre Deslarzes, directeur médical du 144

«Des conditions émotionnelles très difficiles»
05 août 2015, 15:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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De quoi souffrent les 24 blessés?

De lésions traumatiques sur l’ensemble du corps: fractures des jambes, du bassin, du thorax, des vertèbres ou de la tête. Pour quelques uns, le pronostic vital est encore engagé.

 

Que s’est-il passé à l’intérieur du car lors du choc?

L’énergie cinétique due à la vitesse et au poids du car a été extrêmement intense. La carrosserie du véhicule s’est donc déformée sur 2 ou 3 mètres puis le choc a été entier. Les sièges ont été arrachés et les victimes prises en sandwichs vers l’avant du bus. De plus, un car ayant les portes à droite, l’accès a été un peu plus compliqué puisque le véhicule s’est encastré sur la droite de la chaussée. Un gros travail de désincarcération a donc été nécessaire. On a commencé à dégager les personnes les plus valides, à l’arrière du bus.

 

Comment étaient les conditions d’intervention à l’intérieur du tunnel?

Relativement favorables. L’intervention a pu se dérouler très rapidement. Il n’y a pas eu d’incendie et de dégagement de fumée. L’éclairage était satisfaisant et le cheminement des ambulances bien coordonné pour une prise en charge réussie des blessés, à mon sens. La répartition dans les différents  hôpitaux, la gestion des effectifs et du matériel et les procédures d’anticipations se sont bien déroulées.

 

Quelles sont les spécificités d’intervention liées à une telle tragédie?

Le nombre et l’âge des victimes. Le fait d’avoir des enfants accidentés est plus spécifique en termes de prise en charge médicale que des adultes. Nous avons dû mobiliser très vite d’importantes ressources pédiatriques sur les différents hôpitaux. Sans compter que les sauveteurs, souvent des parents d’enfants du même âge que les victimes, ont travaillé dans des conditions extrêmement difficiles au niveau émotionnel. Ils ont été choqués. Des débriefings seront organisés dans les différents corps d’intervention.