FR: Ilford rachetée par deux de ses dirigeants

La faillite a été évitée de justesse pour l'entreprise Ilford Imaging à Fribourg. Deux de ses dirigeants ont racheté l'entreprise.
07 août 2015, 11:39
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'entreprise était au bord de la faillite.

Une solution semble se dessiner en vue du sauvetage d'Ilford Imaging. La société fribourgeoise spécialisée dans les technologies de l'image, en situation d'insolvabilité, a été reprise par deux de ses dirigeants.

"Le directeur général Paul Willems et le directeur financier Jean Marc Métrailler sont désormais les nouveaux propriétaires de l'entreprise" basée à Marly (FR), a indiqué à l'ATS Susanne Badini, cheffe des ressources humaines d'Ilford. Elle confirmait ainsi une information divulguée jeudi par le site de "La Liberté".

"Il s'agit d'une solution transitoire" qui prend effet immédiatement, a précisé Mme Badini. "Nous voulons donner du temps à de potentiels investisseurs, avec qui nous sommes toujours en discussion en vue d'une reprise", a-t-elle expliqué.

Débloquer des liquidités

L'autre but visé est de lever des liquidités. En effet, avec cette opération, l'entreprise gagne la confiance de ses partenaires, notamment des banques, pour obtenir par exemple une ligne de crédit, a noté Mme Badini.

Par ailleurs, en reprenant simultanément l'entité immobilière Ilford Property Switzerland GmbH, les deux dirigeants deviennent également propriétaires des terrains du site. Ils ont désormais la possibilité d'en revendre une partie, a-t-elle ajouté.

Ces entrées d'argent permettraient à Ilford de sortir de sa situation d'insolvabilité et d'éviter la faillite, "ce qui constitue notre premier objectif", a insisté Susanne Badini. Le Tribunal cantonal doit se prononcer au plus tard le 19 août sur une éventuelle mise en faillite.

La firme pourrait également payer les salaires de juillet, qui n'ont toujours pas été versés. La perspective d'un dénouement heureux a d'ailleurs semblé "soulager" les employés, selon Mme Badini. Ceux-ci ont été informés de la décision en cours journée.

Incertitudes pointées

Unia Fribourg salue cette nouvelle, "une surprise", selon son secrétaire régional Armand Jaquier. Le syndicat reste néanmoins attentif quant à la suite des événements, notamment en ce qui concerne le sort toujours incertain des employés encore en poste.

Quant à l'entreprise, "le marché n'a pas changé" dans ce secteur d'activité et elle restera confrontée aux mêmes difficultés, a mis en garde M. Jaquier.

Ilford Imaging avait indiqué début juillet faire face à des problèmes de liquidités, après avoir été lâché par son propriétaire britannique Paradigm Global Partners. La société active dans les techniques et processus de l'image n'avait pas trouvé de repreneur dans le délai d'un mois fixé par la justice civile et les salaires de juillet n'avaient pas pu être versés.

Une vingtaine d'employés recasés

Dans ce contexte, une vingtaine de collaborateurs, sur les 220 que comptait le site, ont donné leur congé après avoir trouvé un nouvel employeur, avait indiqué mardi Susanne Badini.

Le groupe britannique Ilford, qui a fondé sa réputation sur ses films et papiers photo haut de gamme, a manqué le virage vers la photo numérique à la fin des années 1990. Le site de Marly a dû se réinventer, développer de nouveaux produits et marchés.

Mais parallèlement, il est passé de mains en mains étrangères au cours de la dernière décennie, et a vu ses effectifs se réduire au fil des ans. Il comptait encore 450 employés - deux fois plus qu'actuellement - en 2004, quand le britannique Doughty Hanson a cédé Ilford à un consortium de banques.

En juillet 2005, la firme Oji Paper de Tokyo avait racheté les divisions suisses du groupe. L'entreprise de Marly était ensuite passée entre les mains de la société britannique Paradigm Global Partners en 2010. Celle-ci a coupé le robinet trois ans à peine après avoir racheté Ilford Imaging Switzerland au groupe japonais.