Harcèlement sexuel: après le scandale RTS, les rédactions suisses vivent leur #MeToo

À la suite des révélations du journal «Le Temps» qui ont ébranlé le paysage médiatique suisse, les langues se délient. Sur Instagram, le compte SwissMediaToo publie les récits des victimes.
24 nov. 2020, 11:11
/ Màj. le 24 nov. 2020 à 11:11
Les témoignages recueillis sont souvent très crus.

«Tu veux qu’on baise? J’ai toujours rêvé de me taper une fille en couple.» Tels sont les propos tenus par un journaliste à une stagiaire de One FM. «Approche-toi plus du micro, imagine que c’est mon sexe», souffle quant à lui un technicien dans l’oreillette d’une présentatrice de la RTS lorsqu’elle est en direct.

Sur Instagram, le compte SwissMediaToo diffuse les témoignages de harcèlement subi par des professionnelles des médias suisses. Elles sont stagiaires, journalistes, opératrices. Aujourd’hui, elles dénoncent les paroles et gestes déplacés commis par leurs collègues, chefs ou techniciens.

 

 

Créé par le Collectif RTS de la grève du 14 juin, le compte SwissMediaToo publie chaque jour de nouveaux récits et compte déjà plus de 3900 abonnés. 

Chaque post rapporte une situation de harcèlement ou de sexisme ordinaire. Le média dans lequel la scène s’est produite est précisé, mais les noms des intervenants ne sont jamais mentionnés. Plutôt qu’une vindicte populaire dirigée contre un individu, c’est le système global que cherche à dénoncer SwissMediaToo pour lutter «contre toutes les formes d’oppression dans nos médias».

 

 

Pour l’instant, les témoignages proviennent exclusivement de femmes, mais des récits reçus de plusieurs hommes devraient également être publiés prochainement.

par Virginie Maret