Initiative suisse et norvégienne pour les réfugiés de catastrophes naturelles

La Suisse et la Norvège ont lancé mardi à Genève une initiative pour renforcer la protection des personnes déplacées par les catastrophes naturelles et contraintes de fuir leur pays.
06 août 2015, 14:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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L'initiative Nansen, du nom du premier Haut Commissaire aux réfugiés, a été lancée par l'ambassadeur de Norvège Steffen Kongstad et le délégué du Conseil fédéral à l'aide humanitaire Manuel Bessler.

Elle vise à combler les lacunes dans la protection des millions de personnes déplacées par des catastrophes naturelles, y compris les réfugiés climatiques.
 
Manuel Bessler a précisé que la Suisse y consacrera 1,8 million de francs au cours des trois prochaines années. Des consultations sur le plan régional vont être organisées dans les régions les plus touchées, comme le Pacifique sud, l'Amérique centrale et la corne de l'Afrique, a précisé Walter Kälin. Un secrétariat de trois personnes coordonnera les travaux à Genève.
 
Pas de nouvelle convention
 
"Le but n'est pas à ce stade d'élaborer une nouvelle convention, car le sujet est très sensible. Une approche graduelle est préférable et sur la base des consultations régionales, des principes de base seront discutés au niveau global", a expliqué à un groupe de journalistes le juriste suisse, ex-représentant du secrétaire général de l'ONU pour les personnes déplacées.
 
Walter Kälin a précisé que le terme de réfugiés climatiques n'est pas utilisé, parce que les causes climatiques à l'origine des catastrophes naturelles ne sont pas toujours claires.
 
"Le lien direct est souvent difficile à établir et certains désastres, comme les séismes, ne sont pas d'origine climatique", a affirmé le professeur, qui aura le statut d'envoyé de la présidence helvético-norvégienne de l'initiative.
 
Il s'agit non seulement de garantir les droits des individus concernés, par exemple au non-refoulement, mais aussi de renforcer la coopération internationale et les réponses opérationnelles, a indiqué Walter Kälin.
 
Les besoins augmentent
 
Manuel Bessler a souligné que les besoins augmentent sur le terrain. Il a cité l'exemple des Haïtiens qui ont fui le séisme de janvier 2010 en République dominicaine et qui ne pouvaient bénéficier de la protection du HCR, car ils n'étaient pas persécutés politiquement.
 
Chaque année, des millions de personnes doivent abandonner leur domicile, victimes d'inondations, d'ouragans, de tremblements de terre, de sécheresses ou d'autres catastrophes naturelles.
 
De tels déplacements de populations risquent de s'intensifier encore en raison du réchauffement climatique, selon le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE).
 
N'étant généralement pas victimes de persécutions, les personnes concernées ne peuvent prétendre à la protection offerte par la Convention de l'ONU relative au statut des réfugiés.
 
Les Conventions en matière de droits de l'homme ne règlent pas certains aspects tels que leur entrée sur le territoire, les modalités de séjour les concernant et leurs droits fondamentaux.
 
L'initiative Nansen sera conduite par un groupe de pilotage composé de six à huit Etats du Sud et du Nord sous la présidence de la Norvège et de la Suisse.
 
Un comité consultatif composé de représentants de la société civile et d'organisations internationales accompagnera le processus qui devrait aboutir à une conférence internationale en 2015.