Jean Studer quittera le Conseil d'Etat neuchâtelois à la fin du mois de juillet

Jean Studer a annoncé ce jeudi matin qu'il quitterait le Conseil d'Etat à la fin du mois de juillet. Une élection désignera son successeur en octobre. Le Parti socialiste devrait lui désigner un successeur juste avant ou après les vacances.
10 mai 2012, 15:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Le grand argentier a annoncé la date de son départ ce jeudi matin lors d'une conférence de presse au château de Neuchâtel.

Nommé président du conseil de la Banque nationale suisse (BNS) le 18 avril, Jean Studer se devait d’abandonner son mandat cantonal en raison des conflits d’intérêts qui risquaient de se poser entre les fonctions de conseiller d’Etat et de président de la BNS, celle-ci entretenant des liens - financiers notamment - avec les cantons.

Le canton de Neuchâtel connaîtra donc le 14 octobre une élection complémentaire au Conseil d’Etat. Mais cette élection sera peut-être tacite si le candidat désigné par le Parti socialiste, dont est issu Jean Studer, n’est combattu par aucun autre parti politique.

Dans l'intervalle, du 1er août au 14 octobre, c'est le chef de l'Economie Thierry Grosjean qui assurera la suppléance à la direction du Département de la justice, de la sécurité et des finances.

Jean Studer a été élu au Conseil d'Etat pour un  premier mandat en 2005 et réélu en 2009. Dès son entrée en fonction,  il a pris la direction du DJSF.

Demain dans L’Express/L’Impartial: deux pages spéciales, avec une interview à «cœur ouvert» de Jean Studer

Déclarations et réactions

«Dès qu'un responsable annonce son prochain départ, il n'est plus  tout à fait le chef», a dit devant la presse ce matin Jean Studer en  faisant allusion au fait qu'il a annoncé le jour même de sa  nomination qu'il ne se représenterait pas en mai 2013 aux élections  cantonales et quitterait sans doute le gouvernement de manière  anticipée.

Présent au point presse, le président du PS neuchâtelois Baptiste  Hurni n'a pas caché sa tristesse de perdre un «ministre  exceptionnel». Il a souligné la fierté du parti d'avoir fourni au  canton une personnalité ayant si fortement contribué à réformer le  canton au cours des sept dernières années.

Timing peu favorable pour le PS

«Nous perdons un capitaine dans cette tempête que traverse le  canton», a-t-il dit. La procédure devant aboutir à le remplacer est  mise en place. Elle devrait aboutir juste avant ou après les  vacances à la désignation d'un ou d'une candidate à l'élection  complémentaire.

M.Hurni a reconnu que le PS aurait «peut-être» préféré que le  débat sur le Transrun, dont la votation est pour le moment prévue  pour l'automne, se fasse avec Jean Studer. Mais «je me suis arrogé  le choix de la décision» de la date du départ, a affirmé le ministre  sortant.

Le conseiller d'Etat a eu droit à quelques mots très chaleureux  de la part du secrétaire général de son département Claude-Henri  Schaller. Ces mots avaient d'autant plus de poids que ce dernier est  libéral-radical. «Nous perdons un chef, mais la Suisse y gagnera», a- t-il dit.

Il a encore précisé qu'il ne partageait pas le délai imparti par son parti au départ de M. Studer. Le PLR suisse avait demandé la démission immédiate du ministre socialiste, une fois sa nomination à la BNS connue.

Le PLR neuchâtelois, plus flexible, avait lui demandé que Jean Studer et le PS prennent position dans les jours suivants sur la date de la fin du mandat du conseiller d’Etat et sur l’éventuelle question de sa succession. /ats