L'ONU demande 22,2 milliards de dollars d'aide humanitaire en 2017

Les besoins humanitaires augmentent dans le monde. Plus de 80% d'entre eux sont liés à des crises dues à l'homme, au Yémen, en Syrie et en Afrique notamment. l'ONU a demandé lundi 22,2 milliards d'aide humanitaire pour y faire face.
05 déc. 2016, 11:32
/ Màj. le 05 déc. 2016 à 11:33
Ces millions de personnes sont celles "qui ont besoin d'un secours et d'une protection immédiats", a indiqué lundi devant la presse le coordinateur humanitaire de l'ONU Stephen O'Brien.

Plus de 128 millions de personnes auront besoin d'une aide humanitaire en 2017 dans le monde. L'ONU a appelé lundi à Genève à un nouveau record de 22,2 milliards de dollars pour assister près de 93 millions de personnes dans 33 pays.

Ces personnes sont celles "qui ont besoin d'un secours et d'une protection immédiats", a indiqué devant la presse le coordinateur humanitaire de l'ONU Stephen O'Brien. La demande dépasse de deux milliards celle lancée au début pour 2016. Cette année, les humanitaires "ont sauvé, protégé et soutenu davantage de personnes" qu'auparavant, affirme M. O'Brien.

Mais avec l'extension des besoins, le décalage entre les demandes et les financements "augmente toujours plus largement", a dit le secrétaire général adjoint de l'ONU. Il reflète une situation de besoins humanitaires d'une importance jamais constatée depuis la deuxième Guerre mondiale. Et plus de 80% d'entre eux sont liés à des crises dues à des êtres humains.

Moitié du financement

L'aide humanitaire est devenue "une substitution à une action politique significative pour mettre un terme" à ces situations, selon une responsable du Bureau de coordination humanitaire de l'ONU (OCHA) Kate Halff. L'accès est restreint, le droit international violé, les humanitaires toujours plus visés, déplore M. O'Brien. Le changement climatique rend aussi les désastres plus fréquents.

Fin novembre, plus de 11 milliards de dollars avaient été financés par les donateurs, là aussi un record. Mais ce montant ne constitue que la moitié des 22,1 milliards consolidés demandés pour 2016.

En 2017, l'accès restera difficile en Irak, notamment à Mossoul, au Soudan du Sud en Syrie et au Yémen, estime OCHA. Avec plus de 18 millions de personnes dans le besoin, le Yémen devance la Syrie et ses 13,5 millions de civils qui doivent obtenir de l'assistance.

Syrie devant le Yémen

Le dispositif de l'ONU prévoit d'atteindre 12,8 millions de Syriens, dont plus de 200'000 sont encore assiégés à Alep-Est, contre plus de dix millions de Yéménites. Pour la Syrie, il demande plus de 8 milliards de dollars, avec l'aide aux pays limitrophes.

L'ONU demande aussi plus de 2,5 milliards pour le Soudan, avec les réfugiés, près de deux milliards pour le Yémen et plusieurs centaines de millions supplémentaires pour le Nigeria. L'accès aux régions reprises à Boko Haram dans le nord-est de ce pays a permis d'identifier des besoins d'aide importants.

Désormais, six pays en Afrique vont prévoir des plans d'assistance sur plusieurs années. L'ONU souhaite de même des soutiens de donateurs sur plus d'un an et sans préconditions. Une flexibilité qui doit répondre à plus d'efficacité demandée lors du Sommet humanitaire mondial il y a quelques mois.

Urgences liées au climat

Les autorités nationales et locales doivent aussi avoir davantage de responsabilités dans cette assistance, a expliqué M. O'Brien. Il ne s'attend par ailleurs pas à davantage de "surveillance" des activités humanitaires de l'ONU avec l'arrivée de Donald Trump à la présidence américaine.

Parmi les pays visés, en République démocratique du Congo (RDC), plus de quatre millions de personnes seront menacées par la malnutrition ou des épidémies si le financement n'est pas adapté. En raison des situations climatiques, une assistance d'urgence sera attendue en Ethiopie, même si le montant demandé est inférieur de plusieurs centaines de millions de dollars à celui de 2016, en Somalie, dans le sud de l'Afrique ou en Haïti.

Le Burundi, où trois millions de personnes ont besoin d'aide, et le Soudan du Sud, crise qui a provoqué 1,2 million de réfugiés, figureront parmi les pays ciblés.