L'UDC Voiblet a des soutiens au centre

Les partis ont affiché hier soir leurs stratégies.
05 août 2015, 15:54
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Combien de candidats au second tour pour décrocher les 3 sièges restants de conseillers d'Etat? La question restait en suspens jusqu'à hier soir. La stratégie de la gauche: tout faire pour placer les deux socialistes Anne-Catherine Lyon et Nuria Gorrite et la Verte Béatrice Métraux pour conserver la majorité du Conseil d'Etat. Hier soir, en assemblée générale, après avoir ovationné Pierre-Yves Maillard, les socialistes ont annoncé qu'ils allaient poursuivre la campagne du second tour dans la dignité face à une droite qui selon eux afficherait davantage d'agressivité. Des socialistes et des Verts qui peuvent compter dans leur combat sur l'aide de toutes les autres composantes de la gauche.

Comment le centre droit allait-il contrecarrer l'alliance rose-verte pour récupérer la majorité gouvernementale? " Sans l'UDC, Pascal Broulis, Jacqueline de Quattro et moi-même n'aurions pas été élus au premier tour, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. " Philippe Leuba, un tout petit peu plus de vingt-quatre heures après sa réélection au Conseil d'Etat a exhorté les délégués libéraux-radicaux, réunis à Chavornay hier soir, à soutenir la candidature unique, pour le centre droit de l'UDC Claude-Alain Voiblet. " Quand vous êtes partenaires, vous devez rassurer vos alliés, c'est pour cela que Jacqueline de Quattro est allée à leur rencontre ce soir au congrès UDC. Faire élire Claude-Alain Voiblet pour obtenir une majorité de centre droit au Conseil d'Etat, c'est réalisable. Il faut rassembler. C'est ce que l'on vous demande ce soir , de vous rassembler, de nous accompagner et de nous soutenir."

 

Mauvais souvenir de 1996

 

Tant l'ancien arbitre que Catherine Labouchère, présidente des libéraux vaudois, ont rappelé à leurs quelque 250 délégués le mauvais souvenir qu'avait laissé à droite l'élection du popiste Josef Zisyadis en 1996, face à une droite divisée. A vrai dire, les deux comités directeurs et les conseillers d'Etat n'ont pas eu à trop s'employer pour convaincre les délégués de leur stratégie, tant celle-ci a remporté une large majorité.

Après une introduction tout en douceur de Christelle Luisier Brodard, présidente des radicaux, qui a parlé d'un "congrès historique" , vu les résultats du PLR au premier tour du Conseil d'Etat et du Grand Conseil , Pascal Broulis a pris le relais. Il a notamment expliqué qu'il désirait une majorité à 4 contre 3 au Conseil d'Etat, un voeu qui n'a "rien d'arrogant" et qui passe, donc, par un soutien à Claude-Alain Voiblet.

A l'heure du vote, les délégués se sont donc montrés convaincus, acceptant à une immense majorité, en levant un carton de couleur, de soutenir Claude-Alain Voiblet. Quelques votes contraire et quelques abstentions plus tard, la décision était entérinée. Le nom d'Olivier Français, longuement évoqué dans les médias lors des derniers jours, n'est pas apparu à une seule reprise dans le débat.

 

Les Vert'lib derrière Voiblet

 

En revanche, pour les composantes du centre, un soutien à Claude-Alain Voiblet était moins évident.

Toute la journée d'hier l'hypothèse de lancer le meilleur élu de l'Alliance du centre au premier tour a été évoquée. A savoir le PDC Claude-Alain Béglé. Ce dernier ne cache pas que les sollicitations n'ont pas manqué. Mais il n'a pas souhaité donner suite. "L'idéal serait à mon avis que l'épicentre du nouveau gouvernement gravite autour d'un centre-droit modéré et consensuel" , explique-t-il dans un communiqué. Mais pas question pour lui d'être le fossoyeur de la droite en se présentant. "Je ne voudrais surtout pas qu'une candidature centriste au second tour puisse perturber le jeu entre les principaux protagonistes de cette compétition", ajoute-t-il.

Pour les Vert'libéraux, en réunion hier soir également à Lausanne, il s'agissait, une fois admis le fait que le candidat glandois Patrick Vallat ne se représentait pas, de savoir s'il fallait soutenir la liste du centre droit, et donc de Voiblet, sans le nommer, ou, au contraire, de ne pas donner de consignes de vote. Et malgré son absence, l'ombre d'Isabelle Chevalley, celle qui pronait ne plus vouloir "jouer les vierges effarouchées" , a pesé.

Des participants ont commencé par faire remarquer que, lors d'un second tour, et face à la polarisation, il fallait "montrer que l'on n'était pas un parti de gauche" . Le fait qu'avec la droite, le parti aurait plus de facilités à faire passer des motions et postulats auprès d'un Exécutif de droite a aussi pesé. D'autres ont estimé, au contraire, qu'on "ne pouvait se permettre de soutenir le candidat UDC sous peine de troubler l'image auprès du public" , et ce alors que, en janvier dernier, pour le premier tour, les Verts'lib s'étaient distancés de l'UDC.

Mais les avis pour un soutien au centre droit l'ont emporté. Comme en témoigne la démonstration de realpolitik du Nyonnais David Vogel: " J'étais contre l'UDC en janvier (ndlr, premier tour). Si on dit: "On soutient le candidat du centre droit", ça veut dire leur candidat qu'importe son nom. Ç a veut aussi dire qu'on regrette que ce soit Voiblet. D'autre part, il faut penser que, très probablement, la gauche va passer. Si on ne donne aucune consigne, on sera accusé d'avoir fait perdre le centre droit. S'ils perdent avec notre soutien, la faute reviendra à l'UDC, qui aurait dû présenter Parmelin. On peut aussi imaginer que le PLR, une fois le mariage consommé à l'automne, reverra ses alliances; en un mot, elle rompra avec l'UDC. Si on soutient le centre droit maintenant, on pourra venir dans 6 mois et dire qu'on peut travailler ensemble. Il faut faire un peu de realpolitik. A Nyon, on est coincé entre le PLR et l'UDC, on le voit bien. " Au final, le vote a été clair: le soutien au centre droite a été marqué par 44 oui, contre 4 non et une abstention. CONTESSA PINON, MARIE-CHRISTINE FERT, RODOLPHE HAENER, TIMOTHEE GUILLEMIN