Le conseiller d'Etat neuchâtelois Yvan Perrin en arrêt maladie

Le conseiller d'État neuchâtelois Yvan Perrin se met en arrêt maladie pour une durée indéterminée. Le Conseil d'Etat "appuie et encourage la démarche responsable de son collègue et l'assure de son plein soutien", a-t-il fait savoir ce mercredi.
07 août 2015, 13:27
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Yvan Perrin lors de la présentation de la cadence semi horaire des CFF pour les Montagnes et le Val-de-Travers, en janvier.

Yvan Perrin, confronté à une grosse fatigue, se met en congé maladie"pour quelques semaines", a communiqué le Conseil d'Etat. Le chef du Département du développement territorial et de l'environnement (DDTE) a pris cette décision d'entente avec ses collègues de l'exécutif.

"Le plein soutien" du Conseil d'Etat

"Le Conseil d'Etat appuie et encourage la démarche responsable de son collègue et l'assure de son plein soutien", indique le communiqué. "Le gouvernement cantonal tient également à saluer le sens du devoir d'Yvan Perrin et sa volonté de ne pas affaiblir ni le bon fonctionnement des institutions ni la cohésion gouvernementale", ajoute-t-il.

Suivi thérapeutique

Le Conseil d'Etat explique qu'"Yvan Perrin a décidé de prendre du repos durant quelques semaines et de mettre en place un suivi thérapeutique". Mais l'élu UDC compte bien revenir aux affaires une fois qu'il aura retrouvé des forces. "J'ai ma place au Conseil d'Etat", a-t-il affirmé à la RTS.

Et de souligner qu'il a mené à bien plusieurs dossiers importants depuis son entrée en fonction il y a neuf mois. Mais justement dans un souci de bien faire les choses, il a fourni des efforts qui étaient peut-être au-dessus de ses forces, avance-t-il.

Directions des services répartis entre quatre

Le Conseil d'Etat a confié dès ce jour la direction des services aux autres membres du gouvernement selon la répartition suivante: Laurent Kurth reprend l'aménagement du territoire et les transports. Alain Ribaux les Ponts et chaussées et l'énergie et l'environnement. Monika Maire-Hefti reprend la géomatique, le registre foncier et le service de la consommation et des affaires vétérinaires. Jean-Nat Karakash reprend la faune, les forêts, et l'agriculture.

Le haut fonctionnaire conteste les reproches

Quant au haut fonctionnaire libéré de ses obligations de travailler il y a un mois, il "conteste fermement les reproches émis à son encontre", a-il fait savoir hier par l'intermédiaire de son avocat Basile Schwab. Il a remis lundi au Conseil d'Etat sa détermination écrite, dans laquelle il estime "que ne sont pas réunies les conditions posées par la législation neuchâteloise pour qu'un renvoi puisse être prononcé."

Selon ce cadre du DDTE, "le motif principal évoqué par le Conseil d'Etat en vue d'un éventuel renvoi est l'absence "d'une vision commune, d'une proximité et des affinités personnelles, voire d'une certaine complicité avec le chef de département", note son avocat. Ainsi, "le Conseil d'Etat n'a jamais utilisé le terme de mobbing s'agissant de mon client." Plusieurs témoignages recueillis lorsque nous avons révélé l'affaire, le 25 février, évoquaient cependant unanimement un comportement "à la limite du mobbing" et "des collaboratrices en larmes."

Pourtant, indique Basile Schwab, "le chef de département ne s'est jamais plaint auprès de mon mandant, tout au long de leur collaboration, du comportement, de la personnalité ou des méthodes de travail de celui-ci." Et d'ajouter encore qu'Yvan Perrin, dans nos éditions de ce jour, attribue même ses dernières difficultés "à l'absence de son secrétaire général, sa cheville ouvrière".

Des difficultés "partiellement" révélées?

"Mon client demeure extrêmement motivé par l'exercice de sa fonction, et sensible à l'importance que son chef de département attribue à sa présence et à son travail dans la presse de ce jour. Il attend donc désormais la décision que prendra le Conseil d'Etat". Mais il ne souhaite pas répondre plus largement aux questions de la presse, "qu'elles soient relatives aux difficultés partiellement révélées ce jour de son chef de département, aux détails de la procédure ou à tout autre sujet lié."