Le procès de la BCGE se rejoue en appel

L'affaire de la débâcle de la Banque cantonale de Genève (BCGE) revient sur le devant de la scène avec l'ouverture lundi prochain du procès en appel de cinq anciens dirigeants et réviseurs de l'établissement. Les débats devraient durer trois semaines.
05 août 2015, 16:05
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
lavizzari

En juillet, la Cour correctionnelle avait reconnu coupable l'ancien directeur général de la BCGE Marc Fues et son bras droit René Curti de faux dans les titres et les avait condamnés à des jours-amende avec sursis. L'ex-président de la Banque Dominique Ducret ainsi que deux anciens réviseurs avaient en revanche été acquittés.

Le Ministère public et les parties plaignantes, à savoir l'Etat de Genève et la BCGE, ont recouru contre le jugement. Ce dernier a également été contesté par Marc Fues et René Curti. Les deux anciens responsables de la banque tenteront d'obtenir leur acquittement devant la Chambre pénale d'appel.

Du temps pour les incidents

Dans une semaine, les compteurs seront remis à zéro pour les cinq protagonistes de l'affaire. Les premiers jours du procès seront consacrés au traitement des incidents que ne manquera pas de soulever la défense des accusés. Ayant déjà été auditionnés en première instance, les témoins ne devraient pas être réentendus.

C'est le procureur Jean-Bernard Schmid qui soutiendra l'accusation devant la Chambre pénale d'appel et qui cherchera à convaincre les trois juges de la culpabilité des cinq accusés. Le procès sera suspendu pendant les vacances de Pâques. Il devrait s'achever à la fin du mois d'avril.

La justice genevoise reproche notamment aux cinq prévenus d'avoir embelli les bilans de la banque lorsqu'ils étaient aux commandes de la BCGE entre 1996 et 1999. Une manoeuvre aurait eu pour but de sous-évaluer les besoins en provisions de l'établissement, afin que celui-ci présente des résultats bénéficiaires.

Secours de l'Etat

Frappée de plein fouet par la crise immobilière des années nonante, la BCGE s'est retrouvée au bord de la faillite en 2000, obligeant l'Etat de Genève à voler au secours de la banque dans l'urgence. Une fondation a repris à l'établissement plus de cinq milliards de francs de crédits pourris.

Elle a ensuite mis 10 ans pour liquider au mieux ces actifs douteux. Purgée de ses affaires à risque, la BCGE, de son côté, a pu repartir sur de bons rails, avec une nouvelle équipe dirigeante à sa tête. Le sauvetage de la banque aura coûté quelque 2,3 milliards de francs à l'Etat de Genève.

En février dernier, un procès portant sur un des volets de la débâcle de la BCGE s'est tenu devant le Tribunal de police. Poursuivi pour gestion déloyale aggravée, Marc Fues et Dominique Ducret ont été acquittés, de même que le promoteur Carlo Lavizzari, accusé de complicité de gestion déloyale aggravée et escroquerie.