Le procès en appel de Pierre Maudet s’est ouvert à Genève

Le procès en appel de l’ex-conseiller d’Etat genevois Pierre Maudet, en lien notamment avec le voyage à Abu Dhabi en 2015, s’est ouvert ce lundi. Le verdict n’est pas attendu avant plusieurs semaines.
11 oct. 2021, 18:49
/ Màj. le 11 oct. 2021 à 18:49
Pierre Maudet, ancien conseiller d'Etat genevois, arrive au palais de justice pour l'ouverture de son procès.

Le procès en appel de l’ex-conseiller d’Etat Pierre Maudet, de son ancien chef de cabinet et de deux entrepreneurs en lien notamment avec le voyage à Abu Dhabi en 2015 s’est ouvert lundi à Genève. Les quatre prévenus qui plaidaient l’acquittement ont campé sur leurs positions.

Interrogé par la présidente de la Chambre pénale d’appel et de révision Alessandra Cambi Favre-Bulle, Pierre Maudet est revenu sur l’organisation de ce voyage par les deux entrepreneurs. «Je leur suis reconnaissant mais pas redevable», a insisté M. Maudet d’une voix assurée.

Je n’ai pas l’impression d’avoir franchi la ligne rouge du droit pénal.
Pierre Maudet

Toujours sur demande de la présidente, qui n’a pas ménagé l’ex-élu, il a évoqué le mensonge dans lequel il s’est longtemps enferré au sujet de ce séjour. Mais «je n’ai pas l’impression d’avoir franchi la ligne rouge du droit pénal», a assuré M. Maudet tout en réitérant ses regrets pour son comportement qui a causé beaucoup de dégâts.

Sollicitations multiples

Il fait notamment référence à son ex-bras droit, Patrick Baud-Lavigne, assis à deux mètres de lui. Ce dernier est resté dans la même ligne qu’en première instance: ce voyage était d’ordre privé. «Pierre Maudet m’a invité comme ami, parce que je traversais une période difficile: il m’a offert un ballon d’oxygène», a-t-il relevé.

Patrick Baud-Lavigne a reconnu qu’Antoine Daher, l’un des deux entrepreneurs, avait tendance à beaucoup le solliciter. «Il me prenait un peu comme un guichet universel, mais je n’ai jamais rien accepté à part l’Escobar», a-t-il relevé. Dans cette affaire, il avait donné l’instruction de délivrer une autorisation d’exploiter ce restaurant malgré un dossier lacunaire.

M. Baud-Lavigne reconnaît qu’il aurait dû être plus cadrant. Très ému, l’ex-chef de cabinet a exprimé un profond sentiment d’injustice au sujet de la procédure «à charge».