Les 100 jours du nouveau ministre des affaires sociales

Le nouveau ministre des affaires sociales a fait le point à l'orée de ses 100 jours au Conseil fédéral.
05 août 2015, 16:09
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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La réforme de la prévoyance vieillesse ne doit pas se limiter à la question de l'âge de la retraite. Alain Berset veut unir la révision de l'AVS à celle du 2e pilier. Le nouveau ministre des affaires sociales a fait le point à l'orée de ses 100 jours au Conseil fédéral.

"Je vais très bien", a lancé le socialiste mardi aux médias conviés dans un restaurant de la capitale. Fidèle à lui-même, le Fribourgeois n'a pas surpris la ronde en lançant un pavé dans la mare. "Je ne privilégie pas le coup d'éclat au détriment du fond; mon but est l'efficacité", a-t-il rétorqué aux questions concernant son style discret.

Sa méthode se résume en trois mots: recherche de l'équilibre, transparence et anticipation, a-t-il assuré. Pour lui, la sécurité la plus importante est la sécurité sociale. "Je sais que l'on attend beaucoup du Département fédéral de l'intérieur (DFI).

Retraite flexible

Selon Alain Berset, la Suisse a quelques années de répit pour trouver des solutions en faveur de la prévoyance-vieilles. Pas question donc de précipiter la révision du 2e pilier, malgré les appels des assureurs à corriger à la baisse le taux de conversion du capital en rente LPP.

Le conseiller fédéral veut lier les travaux de réforme de l'AVS et du 2e pilier, anticipant les premiers et ralentissant les seconds. Refusant de parler uniquement du taux de conversion et de l'âge de la retraite, il a rappelé qu'il a toujours défendu une flexibilisation.

Le débat ne doit pas s'arrêter aux problèmes d'ordre technique (évolution démographique, marchés financiers, taux d'intérêt). Les questions essentielles sont "politiques": il s'agit de mener une réflexion globale, de définir combien on est prêt à investir pour quelles prestations. Des premières réponses seront données à l'automne.

Familles paupérisées

Les mutations sociales doivent être intégrées aux réflexions. Face au risque de paupérisation des familles qui augmente, les discussions ne doivent pas se focaliser sur la sécurité au moment de la vieillesse, a relevé le socialiste.

Le temps de la réflexion doit être pris aussi dans l'assurance invalidité. Avant de précipiter la révision en cours de l'AI, qui s'en prend aux bénéficiaires de rentes, il faut mesurer les effets des précédentes réformes, a insisté Alain Berset. Il faut trouver un équilibre socialement acceptable et ne pas viser au-delà de l'objectif d'économies prévues.

Caisse unique

Côté assurance maladie, le socialiste va profiter du débat sur l'initiative populaire de son parti pour une caisse unique pour "réfléchir de manière approfondie au système". L'assurance maladie avec ses plus de 80 caisses fonctionne-t-elle, s'est-il interrogé, en rappelant le cas de EGK, qui doit augmenter ses primes massivement au 1er mai pour avoir effectué de mauvais calcul.

Alain Berset "ne croit pas qu'on puisse parler de médecine à deux vitesses dans l'assurance de base". Il a réfuté la thèse lancée par le président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé publique, Carlo Conti, en la matière.

Primes pour les jeunes?

Le conseiller fédéral veut suivre de près la tendance des prestations médicales à passer du domaine stationnaire à celui ambulatoire. Le corollaire de cette nouvelle, en soi réjouissante, est un transfert des coûts des cantons vers les primes des gens. Cette question doit être débattue, selon lui.

Quant à l'idée de créer des primes spéciales pour les 25 à 35 ans, il s'en est quelque peu distancé. "L'Office fédéral de la santé publique examine la question et c'est bien son rôle; après, il y aura des décisions politiques".

Alain Berset a promis d'accorder une grande importance à la culture. "Pas seulement lors des lectures, des premières et des festivals, mais au quotidien". Et de refuser de commenter le livre cosigné par Pius Knüsel, directeur de Pro Helvetia, qui prône une réduction de moitié des institutions culturelles. "Ça alimente et anime la réflexion", s'est-il contenté de dire.