Les cas de coqueluche ont fortement augmenté l'an dernier

L'an dernier, quelque 7400 cas de coqueluche ont été déclarés en Suisse, 57% de plus qu'en 2011. L'OFSP a adapté ses recommandations de vaccination contre cette maladie potentiellement mortelle pour les nourrissons.
07 août 2015, 11:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Une petite fille de deux ans se fait vacciner.

Il est dorénavant recommandé de vacciner les adolescents de 11 à 15 ans également contre la coqueluche lors de la vaccination contre la diphtérie et le tétanos déjà prévue à cet âge (vaccin combiné). Les adolescents constituent en effet, après les jeunes enfants, le groupe le plus touché par la maladie, a indiqué lundi l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

La vaccination est également recommandée aux femmes enceintes dont le dernier rappel remonte à plus de cinq ans. En outre, un schéma de vaccination accéléré en trois doses à 2, 3 et 4 mois est recommandé pour les nourrissons qui fréquenteront une structure d'accueil collectif (crèche, maman de jour, groupe de jeu) avant l'âge de 5 mois.

Les recommandations déjà en vigueur restent valables: 3 doses à 2, 4 et 6 mois, 1 dose entre 15 et 24 mois et 1 dose entre 4 et 7 ans. Depuis 2012, un rappel est recommandé aux adultes entre 25 et 29 ans ainsi qu'à toute personne dont la dernière vaccination remonte à plus de 10 ans et qui est en contact régulier avec des nourrissons de moins de 6 mois.

Mortalité des nourrissons
La vaccination des enfants à partir de 2 mois dès les années 1940 a permis de diminuer fortement l'incidence de la maladie et la mortalité des nourrissons, sur le plan international comme en Suisse.

Mais malgré une couverture vaccinale élevée chez les enfants, on observe depuis les années 1980-1990 une augmentation continue des cas tant aux Etats-Unis, en Australie, au Canada que dans certains pays européens, surtout chez les enfants de plus de six ans, les adolescents et les adultes. L'incidence reste cependant toujours clairement inférieure par rapport à l'ère pré-vaccinale.

L'évolution est similaire en Suisse: une épidémie avait sévi en 1994-1995, suivie d'une forte diminution, puis d'une nouvelle flambée ces trois dernières années. Alors que pour 2004-2009, le total annuel était compris entre 3000 et 4200 cas, il a bondi à 5900 en 2010, puis 4700 en 2011 et 7400 en 2012, selon des données provisoires.

Perte d'immunité
L'une des raisons de cette augmentation est la durée limitée de l'immunité après une vaccination complète dans l'enfance. Pour une efficacité initiale de 90%, seulement 42% de personnes seraient protégées cinq ans après la dernière dose, selon certaines études.

Comme à l'étranger, l'OFSP constate une élévation de l'âge des cas en Suisse. Par rapport à la période 2006-2009, l'incidence annuelle moyenne entre 2010 et 2012 a augmenté de 54% chez les enfants de moins de 6 ans, de 72% chez les 6 à 10 ans, de 124% chez les 11 à 15 ans, de 112% chez les adultes de 21 à 30 ans et de 100% chez ceux de 31 à 40 ans.

Parmi les adultes, l'incidence est maximale chez les personnes de 31 à 50 ans et plus élevée chez les femmes que chez les hommes. En 2012, 23% de tous les patients déclarés étaient des femmes de 20 à 45 ans. Ces dernières constituent une source importante d'infection potentielle pour les nourrissons, note l'OFSP.

C'est pour répondre à cette évolution et réduire la transmission de la maladie chez les nourrissons que plusieurs pays, dont la Suisse, ont élargi leurs recommandations de vaccination à des groupes plus âgés.