Mali: les deux militaires suisses blessés dans l'attentat de Bamako rapatriés dès que possible

L'armée suisse indique que les deux militaires suisses grièvement blessés dans l'attentat terroriste perpétré dans la nuit de vendredi à samedi, à Bamako, au Mali, seront rapatriés dès que possible. Les trois autres soldats resteront sur place.
07 août 2015, 15:10
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'attaque visait l'établissement "La Terrasse", au centre de Bamako, très prisé par les expatriés.

Les deux militaires suisses blessés dans l'attentat de Bamako seront rapatriés dès que leur état sera "suffisamment stable", a indiqué samedi à l'ats le Centre de compétences de l'Armée suisse pour les missions à l'étranger (SWISSINT). L'armée est en contact avec la Rega pour les ramener en Suisse.

Les deux experts en munitions sont actuellement dans un état "stable mais critique". L'un vient de Suisse romande, l'autre de Suisse alémanique, a précisé une porte-parle de SWISSINT, Cornelia Mathis, confirmant une information de la RTS.

Un troisième militaire suisse se trouvait au moment de l'attaque dans le restaurant visé - un établissement fréquenté par des étrangers. Il n'a pas été blessé et restera au Mali.

Une source policière malienne citée par l'AFP a rapporté qu'un troisième Suisse, une femme, a été "très grièvement touchée". Cette information n'a toutefois pas pu être confirmée dans l'immédiat.

Selon SWISSINT, les deux Suisses n'étaient pas la cible directe de l'attaque qui a coûté la vie à cinq personnes, dont un Français et un Belge qui travaillait comme officier de sécurité de la délégation de l'Union européenne au Mali. Huit personnes ont été blessées.

Décision du Conseil fédéral

Actuellement, cinq militaires suisses sont engagés au Mali en tant qu'experts en munitions. Trois d'entre eux le sont dans le cadre de Missions des Nations unies. Les deux autres sont en mission, a précisé un autre porte-parole de SWISSINT, Mirco Baumann.

Le porte-parole ne pouvait pas dire si la Suisse va rapatrier l'ensemble de ces militaires. La décision d'interrompre ou non une mission est une décision politique et dépend du Conseil fédéral, a-t-il expliqué.

La Suisse condamne

La Suisse a "condamné fermement" cet attentat. Le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) Mongi Hamdi a dénoncé une "attaque odieuse et lâche", précisant que parmi les blessés se trouvaient "deux experts internationaux travaillant avec le Service des Nations unies de lutte contre les mines (UNMAS) de la Minusma".

Deuxième fois

C'est la deuxième fois que des soldats suisses sont blessés à l'étranger. En septembre 2004, deux soldats avaient été légèrement blessés dans une attaque à la roquette en Afghanistan.

Cette attaque avait alors visé une base de l'armée allemande à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, blessant également trois Allemands. Les soldats suisses participaient à un projet de reconstruction.

D'autres soldats ont été blessés ou ont perdu la vie lors d'engagements à l'étranger, mais souvent lors d'accidents. Le Centre de compétences de l'Armée suisse pour les missions à l'étranger (SWISSINT) a ainsi recensé cinq accidents mortels ces 60 dernières années: trois accidents de la route, un de baignade et un crash d'hélicoptère en Géorgie.

Deux militaires suisses se sont par ailleurs suicidés lors de missions à l'étranger, ajoute SWISSINT.