Pilatus vend 24 PC-21 au Qatar

Les ateliers Pilatus continuent sur leur lancée en vendant 24 avions d'entraînement PC-21 au Qatar, au grand désarroi du Groupe pour une Suisse sans armée.
06 août 2015, 10:28
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les ateliers Pilatus ont signé plusieurs juteux contrats cette année.

Le Qatar a décidé d'acheter 24 avions d'entraînement PC-21 pour une somme de 600 millions de francs. Les ateliers Pilatus ont annoncé lundi la signature du contrat, qui comprend aussi des simulateurs et un soutien logistique. Les avions seront livrés dès le milieu de 2014. Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsa) exige que "la Suisse cesse d'alimenter la poudrière du Proche-Orient".

Pour le président du conseil d'administration et patron de Pilatus, Oscar Schwenk "c'est incroyable, mais vrai. Le 24 mai dernier, nous avons vendu 75 PC-7 à l'Inde. Un jour plus tard, nous avons conclu le plus gros contrat de l'histoire de Pilatus lorsque l'Arabie saoudite nous a commandé 55 PC-21. Et maintenant, le Qatar suit! Notre système d'entraînement a fait une percée décisive et il est désormais connu dans le monde entier".

Cette commande du Qatar ainsi que les autres contrats importants conclus cette année assurent l'avenir de l'usine pendant plusieurs années "et nous permettront de créer environ 400 nouveaux emplois", a déclaré Schwenk. Le Qatar est ainsi la cinquième force aérienne qui choisit le PC-21. Avec cette commande, 131 PC-21 vont voler dans le monde, selon les ateliers de Stans.

Le GSsa rappelle que les avions d'entraînement militaire peuvent facilement être armés et ils servent à former des pilotes d'avions de combat et de bombardiers. "La Suisse alimente ainsi la poudrière que constitue le Proche-Orient. Il est scandaleux que la Suisse soit le seul pays en Europe occidentale à ne pas soumettre les avions d'entraînement à la loi sur le matériel de guerre", a affirmé dans un communiqué le secrétaire du GSsa Stefan Dietiker.

Le groupe rappelle que la monarchie absolue du Qatar participe activement, avec l'Arabie saoudite, à l'anéantissement du mouvement démocratique au Bahreïn. "Dans un pays où les droits de l'homme sont régulièrement violés, le matériel militaire une fois livré peut être utilisé à n'importe quel moment contre la population civile".

Le GSsa rappelle également que des munitions de RUAG, une entreprise de la Confédération, livrées à l'origine au Qatar ont été utilisées en Libye. "La déclaration de non réexportation n'a eu aucun effet". Le Seco s'était déclaré satisfait à l'époque, à la fin de 2011, de l'excuse du Qatar, invoquant une erreur logistique.

Il y a quelques jours, après avoir ouvert une enquête afin de déterminer si des grenades suisses avaient bel et bien été utilisées en Syrie, le Seco a décidé de lever l'embargo sur les livraisons d'armes aux Emirats arabes unis. Ces grenades auraient été livrées aux Emirats en 2003, en violation avec l'accord de non réexportation.