Policiers lausannois rejugés pour la troisième fois pour abus de "sprayage"

Le procès des deux policiers lausannois accusés d'avoir aspergé de spray au poivre un jeune Erythréen et de l'avoir abandonné près des bois de Sauvabelin recommence ce mardi.
06 août 2015, 10:25
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le député kosovar et ex-commandant de l'armée de libération du Kosovo (UCK) Azem Syla n'aurait jamais dû recevoir de permis d'établissement en Suisse en 1999. Il était ministre de la défense de son pays et a ensuite abusé de prestations sociales, constate la justice soleuroise qui a ordonné son expulsion.

Chaque camp a maintenu sa version mardi à Yverdon-les-Bains (VD) au premier jour du procès des deux policiers lausannois accusés d'avoir aspergé de spray au poivre un jeune Erythréen et de l'avoir abandonné près des bois de Sauvabelin. Les faits, jugés pour la troisième fois, datent du Nouvel An 2006.

Malgré les appels du président du tribunal Eric Eckert, qui a demandé aux protagonistes de se "regarder droit dans les yeux", les parties ont campé sur leurs positions diamétralement opposées. Le Tribunal du Nord vaudois a jusqu'à vendredi pour démêler le vrai du faux.
 
Au petit matin du 1er janvier 2006, l'adolescent de seize ans et demi avait passé une nuit assez agitée. Appréhendé puis relaxé une première fois pas des agents, le jeune était, de son propre aveu, "passablement énervé". Devant un établissement de nuit du centre-ville, il s'est mis à narguer et à insulter les occupants d'un fourgon de police.
 
"Pour éviter que la situation ne dégénère, nous l'avons interpellé", a expliqué le chef de patrouille. L'objectif était de l'écarter de "l'endroit chaud". Mais en route, la patrouille a dû aller prêter main forte à des collègues et a débarqué le jeune homme à la route du Pavement, sur les hauts de la ville.
 
L'agent, qui travaille désormais pour une police intercommunale, soutient qu'il ne s'est "rien passé de particulier". Il n'a pas cherché à donner une leçon au jeune Erythréen, en l'éloignant du centre-ville. "A aucun moment, je n'ai fait usage d'un spray", renchérit pour sa part son ex-collègue et co-accusé.
 
Vérité
 
Entendu comme plaignant, la victime a maintenu sa version des faits. "Vos accusations sont graves car vous mettez en cause des personnes qui doivent faire respecter la loi", a lancé le président du tribunal. "J'ai toujours dit la vérité tout au long de l'enquête", a répliqué sans hésiter le jeune homme, en cravate blanche.
 
Il se souvient que les policiers l'ont embarqué et déposé au bord de la route, dans les bois de Sauvabelin, alors qu'il faisait encore nuit. Avant de repartir, l'un d'entre eux lui a dit: "Ah, tiens! j'ai oublié ça", en lui administrant une dose de spray au poivre dans le cou.
 
Le témoignage d'un ancien policier lausannois est venu à l'appui de ses propos. Lors d'une discussion à la cafétéria, l'ex-policier a entendu un membre de la patrouille incriminée affirmer qu'il ne craignait pas l'enquête en cours car les policiers s'étaient "accordés" sur la version à donner. Mais le témoin ne se souvient pas si le sprayage et le déplacement vers Sauvabelin ont été évoqués.
 
Petit supplément
 
D'une manière générale, cet ex-policier affirme que l'éloignement des perturbateurs à la place des Fêtes de Sauvabelin ou vers les bois de Prilly se pratiquait à Police-Secours à l'époque. "Ce n'était pas confidentiel. Et il y avait parfois un petit supplément, comme un sprayage, un coup ou une photo", a-t-il dit.
 
Le procès se poursuit mercredi avec l'audition de témoins, jeudi une séance de sprayage et vendredi avec le réquisitoire et les plaidoiries. Les deux policiers sont accusé d'abus d'autorité ainsi que de lésions corporelles simples qualifiées, pour l'auteur présumé du coup de spray. Ils se retrouvent pour la troisième fois sur le banc des accusés après l'annulation de leurs précédents acquittements.