Poulets et cochons continueront de manger végétarien en Suisse

Craignant une nouvelle crise de la "vache folle", le Conseil des Etats a interdit l'utilisation de déchets d'abattage dans l'alimentation des porcs et de la volaille.
07 août 2015, 13:26
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'utilisation des déchets d'abattage restera interdite dans l'alimentation de la volaille et des porcs. Craignant une nouvelle crise comme celle de la "vache folle", le Conseil des Etats a rejeté mardi une motion du National exigeant la réintroduction de protéines animales indigènes dans le régime de ces animaux de rente.

L'utilisation des déchets d'abattage restera interdite dans l'alimentation de la volaille et des porcs. Craignant une nouvelle crise comme celle de la "vache folle", le Conseil des Etats a rejeté mardi une motion du National exigeant la réintroduction de protéines animales indigènes dans le régime de ces animaux de rente.

La Suisse ne doit pas prendre le risque d'une nouvelle contamination des aliments pour le bétail, a jugé Liliane Maury Pasquier (PS/GE) au nom de la commission. Au National, le texte de Hansjörg Knecht (UDC/AG) avait pourtant été adopté l'an dernier par 138 voix contre 38 voix. La majorité s'était alors inspirée de l'exemple des nombreux pays qui autorisent les protéines animales.

Aujourd'hui, la Suisse et l'Union européenne (UE) n'en veulent pas, même si elles envisagent à terme un assouplissement des restrictions. "Il vaut mieux ruminer encore un peu afin de parvenir à une solution praticable, sûre pour les animaux et pour les humains, de concert avec les pays voisins", d'après Mme Maury Pasquier.

Retour partiel et prudent

Diverses conditions devront précéder un retour partiel et prudent aux farines animales, a renchéri Alain Berset. Ainsi, seuls les sous-produits d'abattage de porcs et de volaille sans risque pour la santé pourront être envisagés. L'interdiction de cannibalisme sera maintenue et il faudra assurer une stricte séparation dans les filières de transformation, selon le conseiller fédéral.

Pour l'heure, la priorité va clairement aux aspects de santé publique et non aux intérêts économiques. Exit ainsi les risques graves de dissémination de protéines animales et d'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), a estimé le ministre de la santé.