Quadruple meurtre dans un tea-room: perpétuité en Turquie pour l'un des auteurs

L'un des auteurs du quadruple meurtre perpétré en 1998 dans le tea-room bernois "Safari" a été condamné mercredi en Turquie à la perpétuité.
07 août 2015, 13:59
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le gérant kurde du "Safari", situé en pleine ville de Berne, un cuisinier turc, un serveur turc et un vendeur suisse d'automates à jeux, avaient été abattus le 27 juillet 1998 au soir.

Seize ans après le quadruple meurtre perpétré dans le tea-room bernois "Safari", l'un des auteurs a été condamné mercredi en Turquie à la perpétuité. L'homme avait toujours nié son implication dans l'affaire.

Malgré le verdict, de nombreuses questions restent toutefois en suspens. Le motif du crime, notamment, n'est toujours pas connu.

L'accusé a obstinément rejeté toutes les accusations. Il a ainsi déclaré être innocent et ne pas connaître le tea-room en question à Berne. Il n'a pas non plus pu expliquer la présence de son ADN sur l'arme du crime, selon le procès-verbal de l'accusation.

Le tribunal à Istanbul ne l'a pas cru et a déclaré l'homme coupable de meurtre, après un procès qui aura duré plusieurs mois, a indiqué à l'ats le correspondant du quotidien "Berner Zeitung", Stefan Hibbeler, présent à l'audience. Le jugement est intervenu presque 16 ans jour pour jour après la tuerie survenue à Berne.

Au mauvais endroit au mauvais moment

Le quadruple meurtre avait fait parler de lui aussi bien en Suisse qu'en Turquie. Le gérant kurde du "Safari", situé en pleine ville de Berne, un cuisinier turc, un serveur turc et un vendeur suisse d'automates à jeux, avaient été abattus le 27 juillet 1998 au soir.

Les enquêteurs sont partis du principe que l'attaque visait le gérant et que les trois autres victimes se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Ils ont aussi considéré que les auteurs du crime devaient être au nombre de trois ou quatre.

Peu après les faits, la police avait retrouvé un fusil d'assaut de type Kalachnikov ainsi que trois pistolets, à 16 km des lieux du crime. La Kalachnikov avait été identifiée sans doute possible comme l'arme du crime.

Motif nébuleux

La question du motif reste très nébuleuse. On a parlé à l'époque de sombres mobiles politiques, d'histoires de drogue ou d'argent, ou encore d'un meurtre d'honneur. La piste terroriste avait par contre été écartée.

Finalement, un ressortissant turc avait été soupçonné. Il avait réussi à fuir à l'étranger avant d'être appréhendé. Après d'intenses et difficiles recherches, les enquêteurs avaient réussi à localiser l'homme en Turquie. Il a été démasqué grâce aux traces ADN relevées sur la Kalachnikov.

La police turque a arrêté le suspect en novembre 2012. Mais les enquêteurs n'ont aucune piste concernant ses éventuels complices.