Ramadan: les musulmans de Suisse célèbrent la fin du jeûne

Le Ramadan s'achève jeudi soir en Suisse. Plusieurs célébrations sont prévues dans les grandes villes du pays pour marquer la fin d'un mois de jeûne.
07 août 2015, 11:39
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La prière du lever du soleil ce jeudi matin marquait la fin du Ramadan à travers le monde. Ici à Palerme, en Italie.

Les musulmans de Suisse célèbrent jeudi la fin du Ramadan. Des prières et des repas communs se tiennent dans la plupart des grandes villes pour fêter la clôture de ce jeûne long d'un mois.

L'affluence dans les mosquées se révèle nettement plus importante que d'habitude lors de l'Aïd el-Fitr, la fête qui rompt le Ramadan, explique à l'ats Farhad Afshar, président de la Coordination des organisations islamiques de Suisse (COIS). "Ce jour est l'équivalent de Noël chez les chrétiens." Beaucoup de musulmans prennent donc congé à cette occasion.

La capacité de certaines mosquées est largement dépassée. A Berne par exemple, deux prières consécutives sont célébrées afin de pouvoir satisfaire tout le monde. Et cela s'avère à peine suffisant. "Des gens ne trouvent malgré tout pas de place à l'intérieur. Ils restent alors dehors et prient dans la rue."

En français aussi

Les prières sont prononcées en deux langues, souligne Hisham Maizar, président de la Fédération des organisations islamiques de Suisse (FOIS). En arabe d'une part, mais aussi dans la langue locale, soit en français en Suisse romande et en allemand en Suisse alémanique.

A l'issue de la cérémonie, les gens se retrouvent devant la mosquée pour discuter. Il n'est pas rare qu'ils s'invitent alors spontanément les uns chez les autres pour manger, ajoute M. Maizar.

Participation doublée

"Nous n'avons pas de chiffres exacts sur la participation", précise Fahrad Afshar. Hisham Maizar estime lui qu'environ 35% des musulmans de Suisse prennent part au mois de jeûne ainsi qu'à la fête qui le clôt. Soit plus du double des musulmans exerçant régulièrement leur religion pendant le reste de l'année, évalués à 14% par le président de la FOIS.

"Il est normal que beaucoup plus de musulmans de Suisse pratiquent le Ramadan que les prières quotidiennes: jeûner chez soi est plus commode que se rendre plusieurs fois par jour à la mosquée", explique M. Afshar. En outre, le Ramadan constitue "une affaire familiale", incluant également les enfants.

Ce jeûne d'un mois doit s'intégrer dans le quotidien, et donc être pratiqué en parallèle de l'activité professionnelle. Certaines professions en sont toutefois dispensées. "Ceux qui dans leur métier assument des responsabilités pour d'autres personnes, les pilotes par exemple, ne doivent pas jeûner", souligne Fahrad Afshar.