Sous enchère salariale sur le chantier d'un hôtel de luxe à Davos

Le chantier d'un hôtel de luxe à Davos employait trois polonais sans les payer. Un conseiller aux Etats est impliqué via une société qu'il dirige.
07 août 2015, 12:01
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Le nouvel hôtel InterContinental à Davos.

Le syndicat Unia a dénoncé mercredi un cas de sous-enchère salariale sur le chantier de l'hôtel de luxe Intercontinental à Davos (GR), où au moins quatre ouvriers polonais n'ont pas été payés depuis leur engagement en juillet. L'affaire implique notamment la société Toneatti SA, présidée par le conseiller aux Etats This Jenny (UDC/GL).

Les quatre plâtriers avaient été recrutés comme faux indépendants dans une chaîne de sous-traitance, a indiqué Unia dans un communiqué. Sans salaire, ces hommes ont connu "de sérieuses difficultés" et l'un d'eux a fait un infarctus. Ils se sont alors adressés au syndicat.

Les entreprises générales de construction Toneatti SA et Baulink SA, à qui le mandat d'origine du chantier avait été attribué, ont accepté de payer rétroactivement les salaires dus. Les quatre ouvriers recevront chacun, cette semaine encore, un premier versement de 3000 francs.

Les deux sociétés ont également versé 50'000 francs sur un compte bloqué pour couvrir les autres créances salariales, précise le communiqué.

"Nous n'avons pas pu l'empêcher"

This Jenny a confirmé ces informations. "Nous n'avions pas connaissance de la situation et n'avons donc pas pu l'empêcher", a-t-il expliqué. C'est la société de plâtrerie ayant dirigé les travaux sur le chantier qui est responsable, selon M. Jenny.

En retard sur les travaux, cette entreprise a décidé d'engager quatre ouvriers supplémentaires et, pour réduire les coûts, elle les a fait venir de Pologne, a-t-il expliqué. Elle n'était sans doute pas en mesure de les payer, a ajouté l'élu UDC. La société a entretemps été déclarée insolvable.

Mesures d'accompagnement

Selon M. Jenny, ce cas démontre que la réglementation fédérale sur la responsabilité solidaire renforcée, en vigueur depuis juillet, n'empêche pas les abus. Unia préconise de son côté un renforcement des mesures d'accompagnement à la libre circulation prévues par le texte.