Tir fatal sur l'A1: policier vaudois et le conducteur lyonnais sont jugés en appel

Ce lundi sont jugés en appel le policier vaudois et le conducteur lyonnais impliqués dans le tir fatal contre le passager d'une voiture volée dans le tunnel de Sévaz (FR) en 2010. Le policier avait été acquitté en 2014 mais la famille de la victime a fait recours contre ce jugement.
25 avr. 2016, 12:15
/ Màj. le 25 avr. 2016 à 12:19
Le 14 octobre 2014, le Tribunal pénal de la Broye avait acquitté l'agent des chefs de prévention de meurtre par dol éventuel, d'homicide par négligence et de mise en danger de la vie d'autrui.

Le Tribunal cantonal fribourgeois juge ce lundi en appel le tir fatal d'un policier contre le passager d'une voiture volée dans le tunnel de Sévaz (FR) en 2010. La famille de la victime recourt contre l'acquittement de l'agent.

Dans la nuit du dimanche 18 avril 2010, une bande de voleurs de voitures lyonnais fuyait les polices vaudoise et fribourgeoise sur l'autoroute A1. L'un des véhicules a foncé contre un barrage de police installé dans le tunnel. Un des deux agents en poste a tiré sept balles, dont l'une a tué le passager de 18 ans.

Le 14 octobre 2014, le Tribunal pénal de la Broye a acquitté l'agent des chefs de prévention de meurtre par dol éventuel, d'homicide par négligence et de mise en danger de la vie d'autrui. Il a jugé qu'il avait agi en légitime défense, de façon proportionnée, face à un danger imminent: l'Audi à grande vitesse en direction des policiers.

Meurtre par dol éventuel

L'an passé, la famille de la victime a fait appel de ce jugement. Leur avocat Richard Calame demande que le policier - un Vaudois aujourd'hui âgé de 39 ans - soit reconnu coupable de meurtre par dol éventuel. Il laisse la peine à l'appréciation du Tribunal cantonal.

L'homme qui conduisait le bolide volé, et qui a vu mourir sous ses yeux son complice et passager, demande que l'agent soit reconnu coupable de mise en danger de la vie d'autrui. Le Lyonnais, aujourd'hui âgé de 25 ans, avait lui-même été condamné à 15 mois de prison ferme, notamment pour mise en danger de la vie d'autrui.

L'avocate du chauffeur, Aurélie Planas, demande pour son client une peine réduite à huit mois, et assortie d'un sursis. Le procureur Jean-Luc Moser exige au contraire une peine plus lourde: 18 mois de prison ferme.