Turquie: Didier Burkhalter veut préserver la relation avec Ankara

Vu le lien fort entre la Suisse et la Turquie, le but est de maintenir cette relation de confiance. Le risque demeure toutefois que la répression du putsch aille trop loin.
24 juil. 2016, 20:12
/ Màj. le 24 juil. 2016 à 20:15
La Suisse aurait tout intérêt à maintenir sa relation avec la Turquie.

Didier Burkhalter appelle à ne pas condamner trop vite la Turquie et à éviter de briser la relation avec Ankara, laquelle joue un rôle crucial pour la stabilité de la région. L'éventuelle réintroduction de la peine de mort constituerait "clairement" une ligne rouge pour la Suisse, estime le chef de la diplomatie suisse.

"Nous avons une relation forte avec la Turquie et nous voulons maintenir cette relation de confiance" tout en suivant de près ce qui se passe, a déclaré M. Burkhalter dimanche sur les ondes de la RTS. Il était interrogé sur la position suisse après le coup d'Etat raté du 15 juillet et la vague de répression qui a suivi en Turquie.

"Il fallait condamner le putsch parce que c'est la négation de la démocratie", a insisté le conseiller fédéral. La Turquie est dans une situation exceptionnelle et a instauré l'état d'urgence, dans le cadre de sa Constitution. "C'est quelque chose qui leur appartient", a dit M. Burkhalter.

"Ne pas crier avec les loups"

"Le risque, c'est que la répression du putsch aille trop loin. Nous avons exprimé (notre préoccupation, Ndlr.) en direct, nous avons donné un message clair aux autorités turques", affirme le conseiller fédéral. Il a indiqué que la Suisse avait entrepris une démarche diplomatique avec Ankara et que ses services sont en contact direct avec leurs homologues turcs.

L'important, selon lui, est de rester calme, de suivre "avec un peu de nuance" ce qui se passe et de ne pas "crier avec les loups". Didier Burkhalter a rappelé l'importance de la Turquie pour la stabilité de l'Europe, et par conséquent de la Suisse. Il est important "de ne pas ajouter des éléments déstabilisants" dans la région.

Accord de réadmission

Il ne voit pour l'heure "pas beaucoup d'avenir pour le deal" entre Ankara et Bruxelles, en référence à l'accord de mars sur les migrants. Quant à la Suisse, si elle a un intérêt à conclure un accord de réadmission avec la Turquie, "c'est moins urgent maintenant".

Interrogé sur les menaces de poursuites judiciaires d'Ankara contre des citoyens turcs résidant en Suisse, M. Burkhalter a d'abord assuré que ces gens peuvent se sentir en sécurité en Suisse.

"Si nous recevons des demandes d'entraide judiciaire, nous les traiterons selon notre législation", a-t-il dit, glissant que dans le cas présent, il ne pouvait "pas imaginer véritablement leur donner suite".