Vers un vide conventionnel dans la construction

Le secteur principal de la construction se rapproche dangereusement du vide conventionnel. Les négociations aujourd'hui entre la Société suisse des entrepreneurs (SSE) et les syndicats Unia et Syna ont à nouveau échoué pour des questions salariales.
03 août 2015, 22:14
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Chantier

Les syndicats avaient pourtant fait la semaine passée un pas en direction des employeurs en acceptant de prolonger de deux mois la convention collective de travail national (CN), qui échoit à la fin de l'année, afin de trouver un accord.

La SSE reproche aux syndicats de conditionner la prolongation à de nouvelles exigences salariales «inacceptables», a-t-elle indiqué dans un communiqué. En plus de l'augmentation de 1,5% proposée par la SSE, Unia et Syna exigent une hausse des salaires de base d'au moins 2%. Les syndicats «jouent au poker sur le dos des travailleurs et mettent en jeu le vide conventionnel», fustige la SSE.

De leur côté, les syndicats renvoient la responsabilité de l'échec à la SSE. Unia et Syna étaient prêts à reconduire la CN pour une durée de trois mois. Ils reprochent aux entrepreneurs de n'accepter d'augmenter les salaires minimaux que de 1,2% et de ne consentir qu'à une hausse générale de 1%, souhaitant accorder le reste à titre individuel.

Risque de dumping salarial

Les syndicats invitent la SSE à revenir au plus vite à la table des négociations et à conclure rapidement avec eux une nouvelle CN. Aussi bien les entrepreneurs que les syndicats disent regretter le vide conventionnel, qui ouvrirait la porte au dumping salarial.

Les négociations sur une nouvelle CN avaient échoué début novembre, après neuf mois de discussions. Fin novembre, les syndicats ont mobilisé plusieurs milliers de travailleurs pour dénoncer l'impasse dans la branche du gros oeuvre, laquelle emploie près de 100'000 personnes en Suisse.

Anticipant un échec, Unia et Syna avaient auparavant organisé à fin septembre une manifestation d'envergure à Berne à laquelle 12'000 personnes avaient participé.