Visite d'Etat du président Komorowski: l'union fait la force

La visite du président polonais Bronislaw Komorowski s'est déroulée jeudi sous les meilleurs auspices à Berne.
06 août 2015, 14:45
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Histoire et culture ont également tenu une place essentielle dans les échanges.

Accueillis par la présidente du Gouvernement Eveline Widmer-Schlumpf et son époux Christoph Widmer, ainsi que différentes personnalités suisses et polonaises, le président Bronislaw Komorowski et son épouse Anna Komorowska ont dans un premier temps pris part à l'inauguration conjointe du Forum d'investissements polonais à l'aéroport de Zurich-Kloten.

Souvenirs, évocations culturelles et constats économiques ont confirmé la force d'un lien pluriséculaire. Même la clause de sauvegarde, seul potentiel bémol, semble relativisée.
 
Le volume des échanges entre la Suisse et la Pologne ayant ces dernières années considérablement augmenté, les discussions relatives à l'économie ont naturellement pris une part prioritaire dans cette visite d'Etat.
 
Quelques chiffres, rappelés lors d'une conférence de presse par Eveline Widmer-Schlumpf, mettent cette collaboration en lumière:
 
"En 2011, les exportations suisses à destination de la Pologne ont atteint deux milliards de francs, les importations de produits polonais se sont élevées à 1,4 milliard et les entreprises suisses emploient quelque 35'000 personnes en Pologne."
 
Soutien mutuel
 
Ainsi que révélé par la présidente de la Confédération Eveline Widmer-Schlumpf, la clause de sauvegarde a figuré au rang des thèmes abordés dans le cadre des discussions bilatérales menées en cours d'après-midi.
 
Seul point noir des relations polono-suisses depuis le printemps dernier, cette clause visant le rétablissement des contingents à l'immigration pour huit pays européens, dont la Pologne n'avait alors guère été appréciée par Varsovie.
 
Face aux médias cependant, le président Bronislaw Komorowski a semblé relativiser l'importance et les conséquences de cette décision helvétique.
 
"Nous n'en faisons pas un problème, cela n'a quasiment pas d'influence sur la Pologne. J'ai pris connaissance aujourd'hui d'explications complémentaires du point de vue suisse."
 
La présidente Widmer-Schlumpf a quant à elle confirmé la position suisse: "Le Conseil fédéral a pris cette décision. Une fois qu'une décision est prise, on n'y revient pas."
 
Aucune ombre n'est donc venue ternir l'entente cordiale entre la Suisse et la Pologne. Les relations semblent plutôt se renforcer: "Nous sommes deux Etats économiquement forts et nous devons nous soutenir".
 
La coopération entre les deux pays vaut également pour des sphères plus politiques, notamment celle développée au sein de l'ONU et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont la Suisse sera présidente en 2014.
 
Culture commune
 
Histoire et culture ont également tenu une place essentielle dans les échanges helvético-suisses de ce jeudi.
 
Partageant de nombreuses valeurs communes, telles la liberté et l'indépendance, les deux républiques ont, au cours des siècles, traversé des périodes parfois douloureuses.
 
Bronislaw Komoroswki a à plusieurs reprises lors de son discours remercié la Suisse pour son aide, notamment lors de la 2e Guerre mondiale.
 
A titre d'exemple d'immigrants polonais accueillis par la Suisse au cours de l'histoire, Eveline Widmer-Schlumpf a rappelé la mémoire de deux célèbres Polonais ayant respectivement vécu à Fribourg et Vevey, Ignaz Moschtschitzki et Henryk Schenkiéwitsch.
 
Leur mémoire sera célébrée demain, deuxième jour de la visite d'Etat du couple présidentiel polonais, lors d'une excursion en Suisse romande.