2013: criminalité en légère baisse dans le canton de Vaud

La police vaudoise a présenté ce lundi les statistiques de la criminalité 2013. Si, sur le plan général, le nombre d'infractions a diminué, les violations de la loi sur les stupéfiants ont augmenté de plus de 20%. Quant à la ville de Lausanne, elle reste la moins sûre de Suisse.
07 août 2015, 13:31
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La criminalité moyenne baisse sur le canton de Vaud, mais les infractions liées aux stupéfiants sont en nette hausse et Lausanne est la ville la moins sûre de Suisse.

Le nombre d'infractions a très légèrement diminué en 2013 dans le canton de Vaud et à Lausanne. L'embellie est modeste, car les infractions à la Loi sur les stupéfiants ont augmenté de près de 21%, conséquence de l'opération Strada contre le 'deal' de rue. La lutte contre le trafic de drogue sera poursuivie.

Les polices vaudoise et lausannoise ont tiré lundi un bilan positif des mesures mises en place pour améliorer la sécurité. Après trois années de hausses successives, le 'trend' repart à la baisse. "On a fait un bout du chemin, même si la situation reste difficile", a reconnu le municipal lausannois de la police, Grégoire Junod.

Toute la chaîne pénale - police, parquet et service pénitentiaire - tire à la même corde. Seules une "coordination et une concertation accrues permettent de lutter efficacement contre la criminalité", a expliqué la conseillère d'Etat Béatrice Métraux.

Moins de 'deal' de rue la journée

A Lausanne, les conséquences de Strada après six mois sont "visibles". "On constate une baisse importante du 'deal' de rue la journée", a observé M. Junod, "satisfait de ces premiers résultats". Les effectifs supplémentaires - 42 postes en 2014 - permettront de renforcer l'action de la police lausannoise, qui entend créer en avril une brigade de lutte contre les cambriolages, autre point noir.

Lausanne, ville la moins sûre de Suisse

Avec 209 crimes et délits pour 1'000 habitants, Lausanne reste, selon le classement de l'Office fédéral de la statistique, la ville la moins sûre de Suisse, devant Berne et Genève. Un résultat dû en partie à la hausse de l'activité policière dans le cadre de Strada: "nous avons de loin l'activité la plus intense dans le domaine des stupéfiants", a expliqué M. Junod.

"La métropole lémanique, avec la proximité de la frontière et ses axes routiers, est beaucoup plus attractive" pour les délinquants que d'autres régions du pays, a ajouté Jacques Antenen, commandant de la police cantonale. Mais il a précisé qu'il n'y a "jamais eu autant d'arrestations", une hausse qui s'explique en partie par un recours plus systématique à l'identification par ADN.

Saisie des véhicules

Pour lutter contre la criminalité transfrontalière, la police a commencé à saisir les véhicules non conformes des délinquants de passage. "Nous les privons de leur moyen de transport, qui est séquestré puis parfois détruit", a expliqué M. Antenen. Depuis décembre, 47 véhicules ont ainsi été saisis, et douze détruits.

Le commandant a "bon espoir" que la baisse de la criminalité esquissée cette année se poursuive. Pour répondre à la surpopulation carcérale, Mme Métraux a annoncé de nouvelles places de détention en 2016. Le projet sera sur la table du Conseil d'Etat avant l'été.

"Avec ces places supplémentaires en prison, nous pourrons mettre hors d'état de nuire un certain nombre de personnes qui ne peuvent pas être détenues aujourd'hui, faute de place", a ajouté M. Antenen.

Délinquance juvénile

Enfin, Béatrice Métraux veut renforcer la prévention à l'égard de la violence des jeunes. "Nous allons tout faire pour qu'une tragédie comme celle d'Yverdon ne se reproduise plus", a-t-elle dit. En janvier, un mineur a perdu la vie sur la place Bel-Air après avoir été frappé sans raison par un autre jeune. L'enquête a démontré que des jeunes gens se fixaient rendez-vous via des réseaux sociaux pour aller frapper un autre jeune, au hasard, dans la rue.