Affaire Orllati: Fabien Dunand condamné à des jours-amende

Jeudi, le Tribunal de police de Lausanne a reconnu coupable l’ancien journaliste, Fabien Dunand, d’avoir accusé à tort que le groupe Orllati d’avoir pollué la nappe phréatique et d’avoir avancé que les autorités cantonales avaient fermé les yeux.
28 oct. 2021, 16:01
/ Màj. le 28 oct. 2021 à 16:39
L'ancien journaliste Fabien Dunand a été condamné à des jours-amende.

Le Tribunal de police de Lausanne a condamné jeudi Fabien Dunand à des jours-amende fermes. Il l’a reconnu coupable de menaces alarmant la population et de calomnie, à l’égard notamment de l’ancienne conseillère d’Etat Jacqueline de Quattro.

L’ancien rédacteur en chef de «24 heures», reconverti dans la communication, écope de 150 jours-amende à 60 francs. Soit la peine requise par le procureur général, mais sans le sursis. Il est sanctionné pour avoir accusé le groupe de construction Orllati d’avoir pollué la nappe phréatique à Bioley-Orjulaz et pour avoir prétendu que les autorités cantonales avaient fermé les yeux.

Sanction aggravée

En supprimant le sursis, le tribunal a aggravé la sanction infligée par voie d’ordonnance et contre laquelle le prévenu avait fait opposition. «Ce n’est pas le jugement que j’étais en droit d’attendre. C’est à désespérer de la justice, en tout cas de cette justice-là», a réagi Fabien Dunand, qui n’a pas encore décidé s’il fera recours.

Pour la Cour, les conditions à l’octroi du sursis n’étaient pas réunies. Fabien Dunand est resté «irréductible à toute compréhension du caractère illicite de ses actes», y compris à l’audience. Il a fait preuve d’un «comportement répété, revendiqué, assumé», a estimé le président du tribunal, Pierre Bruttin.

Ce n’est pas le jugement que j’étais en droit d’attendre. C’est à désespérer de la justice, en tout cas de cette justice-là 
Fabien Dunand, ancien rédacteur en chef de 24 heures

Le magistrat reproche en substance à l’ancien journaliste d’avoir basé ses accusations sur des analyses partielles, effectuées dans un puits éloigné des habitations et sans faire de vérification. Fin 2016 et début 2017, Fabien Dunand a envoyé des courriers anonymes aux médias et à des élus avec «un ton véhément et catégorique», propre à alarmer la population.

Volonté de nuire

En tant qu’ancien journaliste d’investigation, il était pourtant «parfaitement à même d’agir différemment», a relevé Pierre Bruttin. «Il a agi par volonté de nuire uniquement».

La calomnie est également retenue. Critiquer le comportement d’une personnalité politique est une chose. Dire qu’elle passe son temps à mentir en est une autre, a ajouté le président, en référence aux «accusations répétées» contre le groupe Orllati et Jacqueline de Quattro, qu’il a voulu faire passer pour «une politicienne véreuse».

Son comportement est «déplorable, indigne de la part d’un ancien journaliste de haut niveau, un homme intelligent», a ajouté le président, en précisant toutefois que les faits les plus anciens étaient prescrits.

Harcèlement et insulte

Lundi, en ouverture d’audience, l’ancienne conseillère d’Etat, qui était à l’époque à la tête de la Direction générale de l’environnement, avait expliqué qu’elle s’était sentie harcelée, insultée. Elle demandait que le prévenu cesse de lui «empoisonner l’existence».

C’est une journée noire pour la justice vaudoise qui donne un message inquiétant adressé à nos responsables politiques dont on attend des exigences de transparence 
Maître Elie Elkaim, avocat de Fabien Dunand

Mme de Quattro n’a pas assisté à la lecture du jugement. Son avocat, Me François Roux, a expliqué qu’elle était «satisfaite du résultat, après ce qu’elle a enduré durant quatre ans et demi».

Journée noire

Fabien Dunand, pour sa part, soutient qu’il a agi comme un lanceur d’alerte. «C’est une journée noire pour la justice vaudoise qui donne un message inquiétant adressé à nos responsables politiques dont on attend des exigences de transparence», a relevé son avocat, Me Elie Elkaim, qui avait plaidé l’acquittement. Un recours est possible dans les dix jours.

Fabien Dunand est aussi condamné à supporter les frais de la cause. Il devra s’acquitter de plus de 15’000 de frais d’honoraires à Mme de Quattro et de plus de 12’000 francs pour le groupe Orllati.