Affaire Skander Vogt: les gardiens critiqués par l'ancien directeur

Interrogé comme témoin mercredi, l'ancien directeur de la prison de Bochuz a critiqué le comportement des gardiens présents la nuit où le détenu Skander Vogt est décédé.
07 août 2015, 12:01
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La mort de Skander Vogt à la prison de Bochuz en 2010 est à l'origine de l'affaire.

L'ancien directeur de Bochuz a critiqué mercredi le comportement des gardiens lors de la mort en mars 2010 de Skander Vogt. "Rien n'interdisait d'intervenir en étant trois. Il était possible d'intervenir dans cette cellule", a déclaré l'ex-directeur des Etablissements pénitentiaires de la plaine de l'Orbe (EPO). Il était interrogé comme témoin par la Cour qui doit juger neuf prévenus à la suite du décès du détenu.

Jusqu'à présent, les gardiens, qui sont intervenus durant la nuit du 10 au 11 mars 2010 après l'incendie allumé par le détenu dans sa cellule, ont toujours affirmé qu'ils avaient obéi aux directives et s'étaient soumis à une discipline de fer régnant à Bochuz.

Détenu dangereux

La règle qui prédomine, c'est d'essayer de sauver le détenu et d'intervenir tout en se protégeant, a laissé entendre l'ancien directeur lorsqu'il y a urgence vitale. "Tout dépend néanmoins de l'attitude et de la dangerosité du prisonnier", a-t-il ajouté.

Skander Vogt était clairement un détenu considéré comme dangereux, a poursuivi le responsable. Mais durant la nuit fatale, "il y avait plusieurs options" parmi lesquelles celle d'intervenir avant l'arrivée du groupe d'intervention de la police cantonale (DARD).

Aucun doute

Pour l'ex-directeur, les surveillants auraient dû appeler d'emblée le DARD et pas attendre aussi longtemps. "Les conditions d'appel étaient réunies". Les gardiens auraient également dû faire recours aux pompiers car le feu dans la cellule était "majeur". ""Il n'y a aucun doute", selon lui.

L'ancien directeur a contesté également les critiques contre sa dureté évoquée par des gardiens. "Ca me fait sourire", a-t-il déclaré en affirmant qu'en 5 ans il n'avait licencié qu'un seul employé qui trafiquait avec un détenu.