CHUV: une centaine de "bas-salaires" ont protesté ce midi

Une pétition a circulé ces dernières semaines pour demander l'abolition des salaires inférieurs à 4000 francs au CHUV. Une centaine de salariés mobilisés ont été reçus ce midi par l'intermédiaire de leurs délégués par la direction des ressources humaines. Interview avec le DRH du CHUV.
18 févr. 2016, 16:04
/ Màj. le 18 févr. 2016 à 17:36
Des personnels qui se lèvent à 3 heures du matin et qui ne peuvent pas louer un 2 pièces dans la région.

Une centaine de personnes étaient réunies ce midi au CHUV pour déposer une pétition pour en finir avec les bas salaires. Un bas salaire pour ces employés en colère, c'est en dessous des 4000. La pétition demande l’abolition des classes 1, 2 et 3 de la grille salariale de l’Etat, classes surtout utilisées pour le personnel travaillant au CHUV.

À l’embauche, en classe 2 par exemple, cela représente un salaire de 3701 francs bruts et en fin de carrière c'est 5119 francs bruts après 27 ans de carrière. Autant dire que ces 27 ans labeur n'auront pas été synonymes d'ascension par le salaire. Selon le syndicat SSP, la Direction et le Conseil d’Etat refusent, car le budget serait insuffisant. Seule avancée recensée, des personnes classées en niveau 1 sont passées au niveau supérieur en janvier dernier.

De nombreuses salariés toujours selon le syndicat SSP seraient classés au niveau 2 alors qu’ils sont titulaires d’un certificat fédéral de capacité. Un tel titre devrait garantir à son propriétaire, selon les règles définies par l’Etat, une classification au niveau 4. 

Interview du directeur des RH du CHUV, Antonio Racciatti:

Comment avez-vous répondu à ces salariés en colère sur leurs demandes de ne plus salarier les employés en dessous de 4000 frs?

De manière tout-à-fait sereine et constructive puisqu’en réalité les quelques salariés concernés par cette question, soit 43 sur 1359, ont un salaire équivalent à CHF 4000.-, puisqu’il dispose d’un 13ème salaire. Par ailleurs et depuis 2 ans, nous avons mis un accent particulier sur les professions concernées, essentiellement celles dédiées aux activités de nettoyage, pour renforcer leur formation, valoriser leurs responsabilités et ainsi faire progresser également leur rémunération. 116 personnes ont ainsi pu bénéficier depuis le début de cette année d’une promotion. Donc, la vision présentée aujourd’hui ne reflète absolument pas la réalité. Je tiens encore à préciser que ces améliorations, nous les avons discutées et travaillées avec la Commission du Personnel du CHUV, partenaire pour nous très précieux et actif.

Seriez-vous en mesure de reclasser les personnels en possession d’un certificat fédéral de capacité ? Ce titre (selon le SSP) devrait leur garantir une classification au niveau 4.

Le niveau de salaire d’un collaborateur ne dépend pas exclusivement du fait qu’il détient ou non un CFC. Cela dépend de facteurs multiples dont le principal est la responsabilité assumée dans un poste donné. C’est donc le niveau de responsabilité, la complexité de la tâche et d’autres critères de ce type qui définiront le niveau salarial, pas exclusivement le fait d’avoir un CFC ou non.

Après 27 ans de carrière, trouvez-vous normal qu’un employé qui a commencé au plus bas niveau de l’échelle culmine à 5119 frs par mois ?

Encore une fois, tout dépend de la nature du poste occupé, les responsabilités assumées et bien d’autres critères. Donc suivant le poste concerné, je peux trouver normal ou pas ce niveau de rémunération.

Que comptez-vous faire? Botter en touche en reprenant les arguments des pouvoirs politiques qui ont expliqué que les budgets ne permettaient pas de rehausser les plus bas salaires?

Nous sommes un employeur responsable et nous avons déjà introduit des améliorations. Étant un hôpital universitaire et à vocation formatrice, nous avons opté et allons continuer à opter sur l’amélioration des qualifications, sur la formation, sur le renforcement de l’autonomie et de la prise de responsabilité de ces métiers et ainsi faire évoluer également leur niveau de rémunération. Donc, non ce n’est pas notre genre de botter en touche.

 

par David Glaser