Chypre: les négociations de paix entre les parties grecque et turque se déroulent au Mont Pèlerin (VD)

En conflit depuis 42 ans, les Chypriotes grecs et turcs sont réunis ce lundi au Mont Pèlerin (VD) pour négocier un accord de paix. Les discussions sont menées par Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU.
07 nov. 2016, 11:43
/ Màj. le 07 nov. 2016 à 11:46
L'hôtel "Le Mirador" est sous haute surveillance pour abriter ces discussions visant à la réunification de Chypre.

Les dirigeants chypriotes grec et turc ont entamé lundi au Mont Pèlerin (VD) des négociations de "la dernière chance" pour résoudre d'ici la fin de l'année un conflit de plus de 40 ans. La question des territoires doit être abordée. Pour le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, une solution est "à portée" de main.

Les discussions, qui doivent durer jusqu'à vendredi, réunissent le président chypriote grec Nicos Anastasiades et le leader chypriote turc Mustafa Akinci. Après la neige du matin, la météo s'est dégagée pour leur ouverture par Ban Ki-moon. Les négociations seront ensuite dirigées par son émissaire Espen Barth Eide.

"Une avancée significative a été réalisée" dans les dix-huit derniers mois, a estimé le secrétaire général de l'ONU devant la presse avant le début des pourparlers. Elle a notamment porté sur la gouvernance et le partage du pouvoir. Mais "un nombre de sujets sensibles et difficiles reste" à régler, a dit M. Ban.

Il estime toutefois une solution possible. "Les attentes dans les deux communautés sont élevées", a-t-il aussi dit. Les deux dirigeants chypriotes ne se sont eux pas exprimés avant de lancer leur rencontre. Ils avaient récemment exprimé le souhait que la réunion vaudoise contribue à "la dernière phase des discussions".

Appel aux pays garants

Le secrétaire général de l'ONU a par ailleurs appelé les pays garants, la Grèce, la Turquie et la Grande-Bretagne, à apporter leur soutien. "Tous les Chypriotes" devront bénéficier d'un accord qui pourrait être trouvé, a-t-il estimé.

Ces discussions sont considérées comme celles de la dernière chance, après l'échec d'un plan de réunification proposé par l'ONU en 2004. Le pays est divisé depuis 1974 lorsque l'armée turque a envahi la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher Chypre à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l'île.

Cette invasion a été suivie par d'importants déplacements de populations. Des dizaines de milliers de personnes ont dû abandonner leurs biens du jour au lendemain. Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur deux tiers de l'île, dans le sud.