Décès de Yasser Arafat: la participation du CHUV à l'enquête reste incertaine

La participation du CHUV à un éventuelle exhumation de la dépouille de Yasser Arafat reste incertaine.
06 août 2015, 10:53
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'Institut de radiophysique du CHUV à Lausanne sera chargé d'effectuer des prélèvements sur les restes de Yasser Arafat (photo archives), dont les causes de la mort restent inconnues. Le président palestinien Mahmoud Abbas l'a décidé.

La participation du CHUV à un éventuelle exhumation de la dépouille de Yasser Arafat, décédé en 2004, reste incertaine. Invité par l'Autorité palestinienne à rechercher d'éventuelles traces de polonium, l'établissement vaudois est prêt mais une plainte en France doit être prise en compte avant de dépêcher des experts.

Souha Arafat avait déposé fin juillet une plainte contre X pour "assassinat" à Nanterre, en France. Dans un communiqué publié vendredi, ses avocats français ont indiqué que l'exhumation "doit être diligenté en collaboration" avec la justice française.

Dans le cas contraire, "notre dépôt de plainte n'a pas de sens", a précisé à l'ats une avocate de la veuve de M. Arafat, Jessica Finelle. Le parquet de Nanterre doit se prononcer, en principe la semaine prochaine selon elle, sur l'ouverture d'une information judiciaire, avec la désignation le cas échéant d'un juge d'instruction.

L'Institut de radiophysique (IRA) du CHUV a été invité officiellement par l'Autorité nationale palestinienne (ANP) à mener l'exhumation. "On est prêts", a répété vendredi à l'ats le porte-parole du CHUV, Darcy Christen.

Il ne manque qu'un accord écrit de la veuve de l'ancien dirigeant palestinien qui ne devrait, selon le calendrier de la procédure française évoquée par son avocate, pas intervenir avant au moins dix jours.

Le temps presse

Pour autant, si une information judiciaire est ouverte, tous les scénarios sont possibles. "On va laisser au juge sa liberté de décision", souligne M. Christen. Le juge d'instruction pourrait par exemple mandater des experts français.

Si cette information judiciaire n'était pas ouverte, l'exhumation peut toutefois également avoir lieu, sans la participation d'un magistrat français.

Jeudi, l'avocat suisse de la veuve de l'ancien dirigeant palestinien, Me Marc Bonnant, avait indiqué que Souha Arafat avait donné son feu vert, que c'était elle "qui a voulu cette enquête". Il a dit souhaiter pouvoir se rendre avec la veuve à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne, en septembre.

Et le CHUV rend de son côté attentif au volet scientifique. La traçabilité du polonium diminue de moitié "tous les 138 jours", précise M. Christen.

Demande de Mahmoud Abbas

L'IRA avait découvert "une quantité anormale de polonium" sur des effets personnels du raïs, après analyse d'échantillons biologiques, avait révélé début juillet la chaîne de télévision qatarie "Al-Jazeera".

L'Autorité palestinienne avait donné par la suite son feu vert pour l'exhumation à Ramallah du corps du défunt. Le président palestinien Mahmoud Abbas avait également décidé de charger les experts lausannois d'effectuer des prélèvements sur les restes de M. Arafat.

Dans des déclarations antérieures au dépôt de sa plainte, Mme Arafat a dit croire à la thèse d'un meurtre, soulignant qu'Israël et les Etats-Unis considéraient à l'époque que son mari était un obstacle à la paix au Proche-Orient. Israël a démenti toute implication dans le décès du leader palestinien dès 2004.