Odyssée sous-marine en eau douce

Toute cette semaine, votre journal vous emmène dans les profondeurs du Léman, à la découverte de son histoire et des monstres d'acier qui l'ont exploré.
14 juil. 2016, 18:02
/ Màj. le 15 juil. 2016 à 15:45
Mise à l'eau du MIR 1. Une fois à l'eau, le sous-marin est propulsé par une grande hélice. Deux petites hélices latérales lui permettent ensuite de manoeuvrer dans toutes les directions.

Une fois n'est pas coutume, La Côte vous emmène dans les abysses du Léman. Un univers riche et mystérieux qui contraste avec les images de surface, où Alpes, Jura, vignobles, bourgs médiévaux et bateaux de la CGN composent cet ensemble de cartes postales connues de tous. 

Pourtant, le plus grand réservoir d'eau douce d'Europe est aussi le lac le plus visité au monde. 40 000 personnes y sont déjà descendues à bord d'un sous-marin depuis les premières plongées touristiques du mésoscaphe " Auguste Piccard " à l'occasion de l'exposition universelle de 1964. Plus  récemment, le projet "elemo" a conduit des chercheurs du monde entier dans les profondeurs du Léman, afin d'y observer les mouvements des masses d'eau, la morphologie lacustre ou encore le cycle de vie des micropolluants. La parution, au printemps, du livre "Les Abysses du Léman" nous donne ainsi l'occasion de revenir sur l'épopée scientifique dont le Léman fut le théâtre, et de remonter le courant d'une histoire sous-marinière marquée par la famille Piccard.

De Jacques Piccard aux sous-marins MIR 1 et MIR 2

Notre série débute lundi avec une interview exclusive de Frederik Paulsen, directeur de la multinationale Ferring à Saint-Prex et père financier et logistique du projet interdisciplinair "elemo". Mardi, nous plongerons dans le " F.A.- Forel ", un submersible actif de 1979 à 2005, support de nombreuses recherches pionnières dans les domaines de la biologie et de l’écologie lacustres. Son concepteur, Jacques Piccard, serait aussi à l’origine des MIR 1 et MIR 2 qui ont plongé en 2011 dans le cadre du projet " elemo ". Des archives du Musée du Léman révèlent en effet d’étranges ressemblances entre les plans de l’océanographe suisse et les deux sous-marins russes, construits en Finlande en pleine guerre froide. Simple coïncidence ou sabotage industriel ? Réponse dans notre enquête de mercredi.

Ce que nous disent les abysses

Jeudi, les sédiments et la morphologie des fonds lacustres dévoileront une part de la mémoire du lac, entre activité sismique, phénomènes d’érosion et capture de polluants. Les études récemment menées dans le cadre d’ " elemo " permettant de mieux saisir les enjeux actuels liés à la santé du lac. Enfin, vendredi, nous clôtureront notre série en nous penchant sur les épaves qui sommeillent dans la vase et l’obscurité. Ces fantômes du passé livrent en effet de précieuses informations sur l’histoire sociale et industrielle des bords du Léman au XXème siècle.

par Maxime Maillard