Procès d'un braqueur d'une bijouterie de Montreux

En janvier 2015, un braquage avait eu lieu dans une bijouterie de Montreux. Le procès de l'un des auteurs a débuté ce lundi matin à Vevey.
05 déc. 2016, 13:42
/ Màj. le 05 déc. 2016 à 13:50
vevey

Le procès d'un des auteurs du braquage d'une bijouterie de Montreux en janvier 2015 a débuté lundi à Vevey. L'homme, soupçonné de faire partie de "la mouvance" des Pink Panthers, reconnaît les faits. Il a même pleinement collaboré avec la police, à la surprise de celle-ci.
Le 15 janvier 2015, dans la Grand-Rue, l'opération a duré deux minutes, chronomètre en main. Un homme, plutôt bien habillé, s'est présenté devant la porte transparente. A peine ouverte, ses deux complices ont surgi, s'engouffrant dans la bijouterie et calant la porte pour assurer leur fuite.

Scénario rôdé

Le premier cambrioleur a mis son pistolet sur le front de la vendeuse en lui faisant signe de se taire. Presque délicatement, les deux autres employés ont ensuite été priés de se regrouper et de ne plus bouger. Pendant ce temps, les deux complices commençaient à casser les vitrines pour s'emparer des montres, avec un faible pour la marque Breitling. Le butin s'élève à 600'000 francs, prix d'achat, ou 1,2 million de francs, prix de vente.

Le Serbe de 54 ans aujourd'hui devant la justice vaudoise fait partie des casseurs de vitrine. Il a répété à plusieurs reprises regretté "infiniment les souffrances infligées à ces gens". Il a affirmé qu'"il ne choisirait plus jamais cette manière de vivre".

Collaboration rarissime

L'homme au pistolet n'a pas été interpellé, alors que le troisième larron est détenu en Autriche pour des faits similaires. Devant la Cour, l'inspecteur de la police judiciaire a relevé qu'il était "très rare" qu'un braqueur de ce genre parle et collabore avec la police, au point de participer à l'identification de ses complices.

Pour le policier, "le lien est clair" avec "la mouvance" des Pink Panthers. Le mode opératoire à Montreux est classique: un grand professionnalisme, pas de violence physique, des repérages très précis, une fuite très bien préparée, avec des relais clairs pour écouler la marchandise.

Des dettes à honorer

Le policier s'est interrogé sur le pourquoi de cette collaboration sans parvenir à des explications convaincantes. L'accusé a affirmé quant à lui qu'il avait cédé à "de fortes pressions" pour participer à ce hold-up. Joueur frénétique, il aurait eu de grosses dettes à Belgrade et n'aurait pas pu refuser la demande de celui qu'il présente comme le chef, l'homme qui tenait l'arme à Montreux.

Début février 2015, quatre receleurs des Pink Panthers ont été arrêtés à Vienne en Autriche avec 25 montres volées à Montreux. L'accusé devant le tribunal a été interpellé à la frontière hongroise. Extradé, il est incarcéré en Suisse depuis le 15 décembre 2015. Le jugement doit être rendu lundi en fin d'après-midi.