Un paysan fera six mois de prison pour avoir empoisonné la vie d'un village

Le Tribunal fédéral a refusé ce mercredi d'accordé le sursis à un paysan qui a empoisonné la vie de ses concitoyens dans le Gros-de-Vaud. L'homme fera six mois de prison.
06 août 2015, 15:02
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'homme de 29 ans et la femme de 31 ans qui ont été condamnés à la perpétuité avaient assassiné dans d'horribles circonstances une femme enceinte de 20 ans

Coupable d'avoir causé des frayeurs dans la campagne vaudoise et d'avoir copieusement abreuvé d'injures des agents et un syndic, un agriculteur écope de six mois de prison ferme. Le Tribunal fédéral (TF) lui refuse le sursis.

Au volant de son tracteur, l'agriculteur avait pris un malin plaisir à faire régner la terreur dans le Gros-de-Vaud. Une mère de famille s'était vue contrainte de trouver refuge dans un champ alors qu'elle se promenait avec une poussette dans un quartier périphérique de Gouemouens-la-Ville.
 
Quelques mois plus tôt, en novembre 2008, un grand-père qui promenait son petit-fils avait subi une frayeur similaire. Serré de près par le tracteur, qui tirait une herse, le grand-père avait dû sauter sur la banquette herbeuse avec le landau. Sa femme, qui tenait un chien en laisse, avait dû faire un écart.
 
Gendarme molesté
 
En mai 2006, deux agents de police avaient été copieusement abreuvés d'injures après avoir voulu lui remettre un pli judiciaire. Sautant de son tracteur, l'agriculteur avait saisi un des gendarmes par le col de son uniforme en arrachant les boutons du vêtement.
 
Après avoir finalement lâché le policier, l'agriculteur était retourné à son tracteur. Il avait pris de la terre collée sur les roues du véhicule et l'avait lancée en direction de l'agent, salissant son pantalon et sa veste.
 
L'homme avait aussi eu de sérieux démêlés avec le syndic. Devant tout le village rassemblé pour le 275e anniversaire de l'Abbaye du Village, il avait injurié le magistrat et l'avait traité de tous les noms.
 
Mépris des règles
 
Reconnu coupable de dommages à la propriété, diffamation, injure, contrainte et violence et menaces contre les autorités et les fonctionnaires, l'agriculteur a été condamné en avril dernier à six mois ferme par le Tribunal cantonal, qui statuait sur appel.
 
Dans son jugement, l'instance cantonale lui a reproché d'avoir "empoisonné pendant de nombreuses années la vie de ses voisins et le travail des autorités par son comportement, son manque de respect pour autrui, son absence de sens moral et son mépris des règles de vie en société".
 
Le TF arrive lui aussi à la conclusion que l'homme doit purger sa peine et que le sursis ne peut lui être accordé, en raison d'un "pronostic défavorable". Débouté l'agriculteur devra payer 4000 francs de frais judiciaires et 1000 francs de tort moral à chacun des nombreux plaignants.