Vaud: les élus veulent une meilleure régulation du loup

Mardi, le Grand Conseil vaudois a voté en faveur d’une résolution UDC demandant au canton de prendre toutes les mesures possibles réguler la présence du loup.
31 août 2021, 13:44
/ Màj. le 31 août 2021 à 13:44
Lundi, l'Etat de Vaud a informé qu'ils avaient reçu l'autorisation de la Confédération de tirer deux loups du Marchairuz.

Le loup a refait son apparition mardi lors de la séance du Grand Conseil vaudois. Les députés ont voté une résolution demandant au gouvernement de prendre rapidement toutes les mesures pour réguler l’importante présence de loups dans le canton et de garantir aux éleveurs la totalité des dédommagements liés au prédateur.

Déposée par l’élu UDC José Durussel, la résolution, non contraignante, a été acceptée par 67 oui, 58 non et 8 abstentions. C’est la droite du plénum qui a largement soutenu le texte. Le gouvernement a trois mois pour y répondre.

La résolution demande au gouvernement de prendre «expressément» toutes les mesures afin de réguler l’importante présence de loups sur notre territoire et de garantir aux éleveurs la totalité des dédommagements inhérents à ce prédateur, soit la protection des troupeaux, les pertes animales et tous les travaux supplémentaires liés à ce carnivore.

Inquiétudes persistantes

Malgré le feu vert de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) pour des tirs de régulation du loup annoncé lundi, la meute de loups présente au Marchairuz depuis cinq ans environ a continué de susciter l’inquiétude de plusieurs députés, notamment agriculteurs de métier. «Les éleveurs se sentent abandonnés», a dit Sylvain Freymond (UDC).

Pour son collègue José Durussel, c’est surtout l’absence de rapidité dans l’intervention de l’Etat de Vaud qui fait défaut. «Il fallait déjà agir au début juillet. C’est trop tard», a-t-il clamé. Le PLR Philippe Germain a surenchéri, en estimant que l’Etat était «dépassé par les événements».

C’est un manque de respect pour le bétail de parler uniquement d’argent
Yvan Pahud, député UDC

S’agissant des dédommagements aux éleveurs et agriculteurs, le député UDC Yvan Pahud a affirmé que l’argent ne compensait pas tout, à savoir la perte d’un bovin ou d’un mouton. «C’est un manque de respect pour le bétail de parler uniquement d’argent», a-t-il dit.

Les discussions ont d’ailleurs passablement tourné autour de la question de la priorité: d’abord tout faire pour protéger les troupeaux (clôtures, chiens, etc) avant de recourir aux tirs de régulation ou l’inverse.

L’Etat se défend

De son côté, la conseillère d’Etat en charge de l’environnement Béatrice Métraux a reconnu une «problématique difficile». Mais elle a rappelé que l’Etat indemniserait complètement chaque éleveur ou agriculteur en cas d’attaque avérée du loup sur un troupeau.

Elle a aussi souligné que le monitoring du loup avait été renforcé dans le Jura vaudois, que l’Etat avait un meilleur suivi de ses déplacements. Elle a également rappelé la mise en place d’un système informatique permettant d’avertir par SMS les éleveurs ou agriculteurs de la présence de la meute ou d’un loup dans une zone particulière.

Plusieurs députés ont aussi souhaité qu’il y ait un suivi après les tirs de régulation. Un suivi même scientifique, a suggéré dans une interpellation Olivier Epars (Vert). Quelles sont les conséquences espérées de ces tirs, quelles en seront les effets concrets?, a-t-il demandé en plénum à l’égard du Conseil d’Etat.

Pour mémoire, les autorités vaudoises avaient déposé leur demande de tir pour deux loups le 3 août après plusieurs attaques sur des troupeaux de bovins dans le Jura vaudois. C’est la première fois que le canton est autorisé à effectuer de tels tirs de régulation.