Genève: près de 750 manifestants pour défendre le service public

750 fonctionnaires et syndicalistes sont descendus dans la rue jeudi en fin d'après-midi à Genève. Ils ont dénoncé des "coupes inadmissibles" prévues dans le projet budget 2015.
07 août 2015, 14:31
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Environ 750 fonctionnaires et syndicalistes ont manifeste, ce jeudi 4 decembre 2014 devant l'Hotel de Ville a Geneve, pour defendre le service public. Ils ont denonce des coupes inadmissibles prevues dans le projet budget 2015 qui degraderont leurs conditions de travail et mettront a mal les prestations publiques. (KEYSTONE/Martial Trezzini)

Une assemblée du personnel de l'Etat a voté dans la foulée un arrêt du travail pour le mardi 16 décembre. Celui-ci sera relayé auprès de l'ensemble de la fonction publique et du secteur subventionné. La résolution adoptée à l'unanimité par l'assemblée du personnel de l'Etat et du secteur subventionné prévoit aussi une manifestation et une assemblée le même jour.

La durée de l'arrêt de travail et les modalités de la manifestation restent à définir. L'assemblée a également maintenu un préavis de grève pour le mois de janvier. Enfin, elle a décidé de soutenir un arrêt de travail le jeudi 11 décembre dans le secteur pénitencier, dont les conditions de travail se détériorent en raison du manque d'effectifs.

L'assemblée qui a réuni environ 200 personnes dans la salle du Faubourg était chapeautée par le Cartel intersyndical du personnel de l'Etat et du secteur subventionné, par le Syndicat des Services publics (SSP) et par le Groupement des associations de la police (GAP). Tous les secteurs de l'Etat étaient représentés. Les enseignants étaient les plus nombreux.

L'exemple des TPG

Le président du Cartel, Patrick Flury, a exhorté le personnel à suivre l'exemple de la grève victorieuse des Transports Publics genevois (TPG). Ils ont montré la voie à suivre, a-t-il relevé. Les syndicalistes ont appelé à la solidarité entre collègues pour gagner ce combat et faire plier leur employeur, le Conseil d'Etat.

Certains étaient très remontés, parlant de faire "péter cette République", alors que d'autres se montraient plus sceptiques sur l'effet concret d'un arrêt de travail et sur sa mise en oeuvre. Au final, la résolution a été approuvée à l'unanimité.

Attaques de la droite

Les syndicats s'opposent aux coupes linéaires de 1 à 2 % envisagées dans l'administration, au gel des annuités et à la suppression du doublement du dernier salaire en cas de départ à la retraite. Ces mesures d'économies font partie des points en discussion pour le budget 2015. Le vote final du budget au Grand Conseil doit intervenir le vendredi 19 décembre.

A ces craintes, s'ajoutent celles liées aux velléités de la droite d'augmenter le temps de travail hebdomadaire des fonctionnaires de 40 à 42 heures. La hausse de la participation des employés d'un tiers à 50% aux cotisations LPP est aussi dans le collimateur.

Coupes inadmissibles

Enfin, les syndicats veulent l'abandon du projet de réévaluation des salaires de la fonction publique. La nouvelle grille proposée aboutirait à une diminution de salaire pour un fonctionnaire sur deux, estiment-ils.

Ces "coupes inadmissibles" dégraderont leurs conditions de travail et mettront à mal les prestations publiques. "Halte au déficit social", pouvait-on lire sur les pancartes de la manifestation qui a précédé l'assemblée. Des sifflets et des huées ont fusé à l'attention des députés qui siégeaient à l'Hôtel-de-Ville.