Genève: une votation va régler le sort des caisses de pension publiques

La votation sur l'assainissement des caisses de pension publiques CIA et CEH sera l'une des plus importantes à Genève, le 3 mars prochain.
07 août 2015, 10:57
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Environ 1500 fonctionnaires ont défilé à Genève en septembre 2012 pour protester contre le projet d'assainissement de leurs retraites.

Le 3 mars se déroulera à Genève l'une des plus importantes votations cantonales de ces dernières années. Les électeurs se prononceront sur l'assainissement des caisses de pension publiques CIA et CEH. L'enjeu politique et financier est considérable.

Pour le gouvernement, un refus du plan d'assainissement de la CIA (administration, écoles) et de la CEH (hôpital) conduirait le canton droit dans le mur. Les solutions de rechange coûteraient non seulement plus cher à l'Etat, mais elles se montreraient aussi moins généreuses envers les futurs rentiers.

Sous-capitalisées

Dans ce dossier, le canton de Genève a les mains liées. Il répond aux nouvelles exigences fédérales en matière de capitalisation des caisses de pension publiques. Dans 40 ans, celles-ci devront afficher un taux de couverture de leurs engagements de 80%. La CIA, avec 48%, et la CEH, avec 61%, sont aujourd'hui loin du compte.

Les deux caisses de retraite ont vu leur situation se dégrader au fil des ans. Elles doivent prendre en considération l'allongement de l'espérance de vie et la diminution du nombre d'actifs par rapport aux retraités. Les crises financières successives ont aussi porté un coup au rendement de leur patrimoine respectif.

Le plan d'assainissement des deux institutions a reçu l'approbation du Grand Conseil. Ce plan répartit les sacrifices entre l'Etat et les fonctionnaires. Alors que la collectivité s'engage à verser 6,3 milliards de francs sur 40 ans, les assurés travailleront plus longtemps pour des rentes plus basses.

Les cotisations vont également connaître une hausse. Le plan d'assainissement n'affecte cependant pas la clé de répartition de la prise en charge de ces cotisations. L'Etat-employeur continuera à verser les deux tiers du montant, laissant à l'employé le tiers restant.

Un hold-up pour le SSP

Fer de lance de l'opposition à ce plan d'assainissement, le Syndicat des services publics (SSP), qui a lancé le référendum, dénonce ce qu'il appelle un hold-up conduisant à un démantèlement de prestations. Le personnel de l'Etat perdra, selon lui, 159 millions de francs par an.

Le SSP s'indigne aussi du fait que la loi sur la caisse de prévoyance de l'Etat de Genève (LCPEG) réclame de plus grands sacrifices aux fonctionnaires qu'à l'Etat-employeur. Les assurés prendront à leur compte entre 55 et 60% de l'effort. Le syndicat souhaite que le canton mette la main au porte-monnaie.

Pour le SSP, l'argent nécessaire à ce rééquilibrage pourrait venir d'une réforme fiscale. Le syndicat propose de supprimer des niches fiscales qui profitent aux plus riches et d'abolir les forfaits fiscaux. Il veut aussi mettre fin aux avantages fiscaux dont profitent les entreprises étrangères.

Le SSP n'a pas obtenu de grands soutiens dans son combat. L'ensemble des partis représentés au Grand Conseil genevois approuve le plan d'assainissement. Parmi les opposants figurent l'AVIVO, le Parti du Travail (PdT) et le mouvement d'extrême gauche solidaritéS.

Tarifs des TPG

Les Genevois devront également se prononcer, le 3 mars, sur l'initiative "Stop aux hausses des tarifs des Transports publics genevois", lancée par l'association de défense des retraités AVIVO. Le texte demande une modification des tarifs en vigueur et fixe le prix du billet d'une heure à 3 francs, au-lieu de 3,50 francs.

Pour les autorités, l'initiative ferait perdre 24 millions de francs par an. Pour éviter que des lignes soient supprimées, l'Etat de Genève devrait augmenter sa subvention aux Transports publics genevois (TPG). Des partis représentés au Grand Conseil, seul le Mouvement citoyens genevois (MCG) approuve l'initiative.