Le canton de Genève sommé à nouveau de baisser ses dépenses

Les nombreux défis et le vieillissement de la population à Genève rendent indispensable une réduction des dépenses publiques. Alors même que le canton est le plus gourmand en terme de fiscalité, a dit mardi la Chambre de commerce et d'industrie de la Cité de Calvin.
18 oct. 2016, 16:08
/ Màj. le 18 oct. 2016 à 16:18
Serge Dal Busco, chef du Département des finances et François Longchamp, président du Conseil d’Etat, vont devoir faire des économies pour le bien des finances cantonales genevoises.

En 2014, les collectivités publiques genevoises ont dépensé "nettement plus" que leurs homologues des autres cantons, indique dans une étude la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG). Le montant atteint quelque 21'000 francs par habitant et même 23'000 en comptant les investissements. Seule Bâle-Ville est plus dispendieuse.

Genève est notamment le plus généreux pour la culture et le social. Plus de 530 francs par habitant ont financé la première. Le canton arrive également au premier rang des dépenses de personnel du secteur public, l'un des plus importants de Suisse, mieux doté que le privé.

Appel à préserver les riches

En terme d'endettement aussi, Genève devance les autres cantons. La charge de la dette atteint quelque 40'000 francs par Genevois. Le degré d'autofinancement dépasse de peu 60%, un taux observé habituellement en période de récession.

Pour nourrir ces dépenses, le canton s'appuie sur la plus forte fiscalité par habitant de Suisse. Les recettes s'élèvent à 17'165 francs par personne en moyenne. Elles constituent plus d'un tiers des revenus et autres bénéfices imposables. La baisse fiscale votée en 2009 a contribué à ce résultat en renforçant l'attractivité du canton.

Pour autant, plus du tiers des contribuables genevois ne paient pas d'impôts sur le revenu, dont le minimum d'assujettissement est le plus élevé de Suisse. Mois de 2% rapportent plus du quart des recettes dans ce domaine. La CCIG appelle l'Etat à maintenir des conditions favorables pour les ménages les plus riches parce qu'ils rapportent davantage qu'ils ne consomment.

Apport de multinationales

En revanche, symbole des dépenses publiques trop élevées, la grande majorité de la population ne couvre pas par ses apports la part de services publics dont elle bénéficie. Pour l'impôt sur la fortune, 4,3% des personnes qui sont assujetties contribuent à 85%. Cette fiscalité est très pénalisante pour les entrepreneurs et a des conséquences pour l'emploi, dit la CCIG.

Avant le vote sur la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), elle rappelle que les plus de 900 multinationales présentes totalisent près de 28% des emplois du canton. Chaque emploi chez elles rapporte proportionnellement davantage que dans le reste du privé. Par ailleurs, le taux de Suisses est plus élevé dans ces entreprises.

L'impact direct des multinationales atteint 19 milliards de francs et la valeur ajoutée environ 28 milliards. Elles paient plus de 2 milliards d'impôts, un tiers des recettes fiscales. Parmi elles, celles qui bénéficient de statuts fiscaux contribuent à 1,1 milliard ou 20% des apports. Les taux qui frappent le bénéfice des entreprises genevoises sont les plus élevées de Suisse.