Le trafic des passagers a cru à l'aéroport de Genève en 2013

L'aéroport de Cointrin (Genève) a connu des chiffres en forte progression en 2013. Grâce à une croissance du trafic des passagers de 3.9%, le bénéfice d'exploitation s'est envolé à 72,3 millions.
07 août 2015, 13:29
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Les résultats annuels de l'aéroport de Genève sont en progression, grâce à une croissance du trafic passagers de 3,9%.

Les résultats annuels de l'aéroport de Genève sont en progression. Le bénéfice net d'exploitation pour 2013 est en hausse à 72,3 millions (hors recettes exceptionnelles) avec un chiffre d'affaires de 376,3 millions de francs, grâce à une croissance du trafic passagers de 3,9%.

Les recettes proviennent pour 51,7% du segment aéronautique (redevances passagers, taxes d'atterrissage), en hausse de 3,3% par rapport à 2012 et pour 48,3% du secteur non aéronautique (commerces, parkings, loyers), en hausse de 2,5%.

Au bénéfice de 72,3 millions s'ajoutent 19 millions de recettes exceptionnelles liées à la mise en place de la nouvelle caisse de pension, soit un bénéfice total de 91,6 millions, contre 66,5 millions en 2012. Sur ce bénéfice, l'Etat de Genève touchera 45,8 millions.

"Ce sont de très bons résultats qui doivent permettre d'adapter les infrastructures de l'aéroport", a déclaré le nouveau président du Conseil d'administration de Genève Aéroport Pierre Maudet.

Près de 15 millions de passagers

En 2013, 14,4 millions de passagers ont transité par l'aéroport de Genève (+3,9%). Cette croissance continue depuis cinq ans devrait se poursuivre en 2014, comme en témoignent les bons chiffres des deux premiers mois de cette année avec une hausse de 3% sur janvier et février, a précisé le directeur général de l'aéroport Robert Deillon. Le fret, en croissance zéro l'an dernier, est en hausse de 17,8% sur les deux premiers mois de 2014.

Le nombre de mouvements a diminué l'an dernier de 2,2%, en raison de l'utilisation de plus gros avions et de la diminution des fréquences vers certaines destinations. La desserte s'est étoffée avec l'ouverture en mai dernier de la liaison Genève-Pékin quatre fois par semaine et de nouvelles liaisons sur Saint-Pétersbourg, Bucarest, Belgrade, Minsk, Séville et Lille. L'aéroport dessert désormais grâce à 57 compagnies 132 destinations dans 44 pays, dont 107 européennes.

Pavillon obsolète

Les investissements ont atteint l'an dernier 121 millions, dont une partie pour la préparation de l'aile Est. Celle-ci, en attente d'une autorisation de construire, sera destinée aux long-courriers pour remplacer le pavillon actuel obsolète.

Le projet a été remis avec les estimations de coûts en novembre dernier. "L'analyse du dossier est toujours en cours", a précisé Robert Deillon. Le budget de la construction s'élève à 350 millions, mais avec le réaménagement de la zone (dont l'enfouissement de la route douanière), il atteint les 600 millions.

Pierre Maudet a précisé que pour la construction de l'aile Est, "il est nécessaire d'arriver à des montants plus arrêtés dans les semaines qui viennent". "Un affinage est nécessaire, mais pour l'instant nous n'avons pas constaté de dérapage", a affirmé le conseiller d'Etat genevois.

Pressions salariales

Il s'est inquiété par ailleurs des "tensions sociales" sur le site de Cointrin, où travaillent quelque dix mille personnes dans 200 entreprises. Près de 900 d'entre elles (+26 postes en un an) sont directement employées par Genève Aéroport.

Pierre Maudet a souhaité que des discussions s'ouvrent avec tous les acteurs concernés sur le site afin d'analyser la situation et savoir comment y remédier. Le conseiller d'Etat en charge de l'économie a indiqué que le régime des concessions va être étudié avec le conseil d'administration de l'aéroport.

"Les pressions qui poussent les salaires vers le bas nous inquiètent. Je ne minimise pas les difficultés. Mais elles ne devraient pas être réglées par des actions intempestives. Cela devrait se passer différemment ", a affirmé Pierre Maudet.

Le site a été marqué ces derniers mois par un mouvement de grève partiel chez le personnel de Gate Gourmet, dont les conditions de travail ont été revues à la baisse. Un débrayage surprise le 9 mars dernier d'une quarantaine d'employés de Swissport a en outre perturbé la livraison des bagages.