Tentative d'assassinat: la défense demande à ce que la peine ne dépasse pas 5 ans

Dans le cadre du procès du financier soupçonné d'avoir tenté de faire assassiner son épouse, l'avocate de la défense a demandé mercredi que la peine ne dépasse pas les 5 ans d'emprisonnement.
07 août 2015, 14:18
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
L'avocate Yaël Hayat, à gauche, a axé sa plaidoirie sur le renoncement subit du mari.

Une peine qui ne dépasse pas 5 ans, a demandé mercredi au Tribunal criminel de Genève Yaël Hayat, avocate du financier qui a voulu faire tuer sa riche épouse. Vu le contrordre qu'il a donné, cet homme de 57 ans ne peut être condamné que pour actes préparatoires à assassinat avec désistement.

Me Hayat a axé sa plaidoirie sur le renoncement subit du mari. En raison de ce contrordre, donné de manière certaine le 12 février 2012, l'agression, dont sa femme a été victime une semaine plus tard dans le jardin de leur propriété de Chêne-Bougeries, n'aurait jamais dû se produire. Ses incohérences au moment des faits montrent bien qu'il ne s'attendait pas à être désobéi, a souligné l'avocate.

Me Hayat balaie le mobile de l'argent. Divorcé selon le régime des acquêts, il touchait 10 millions de francs. "Veuf, c'était plus aléatoire." L'ambivalence des sentiments fait pencher pour un crime conjugal: "Elle l'a quitté pour un autre, il l'aime encore mais la hait. Il a fait d'elle une reine de la finance, il n'a plus rien." Seule constance: sa peur de perdre ses enfants.

Juste avant le contrordre et les faits, ce financier était heureux dans une nouvelle relation amoureuse. Sa compagne était enceinte. "Il était enfin prêt à divorcer, à tirer un trait et à sortir de l'impasse", a expliqué Me Hayat.

Lundi, le Ministère public a requis 18 ans de prison à l'encontre du mari et 16 ans à l'encontre du tueur à gages. Il a aussi réclamé des peines de 15 et 13 ans de prison pour les deux intermédiaires. Le verdict sera rendu vendredi.