Montricher: l'Iranien Mahmoud Dowlatabadi lauréat du Prix Jan Michalski 2013

Le Prix Jan Michalski 2013 a été décerné à l'écrivain iranien Mahmoud Dowlatabadi mercredi à la Maison de l'écriture à Montricher.
07 août 2015, 12:01
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
La remise du Prix s'est déroulée à la Maison de l'écriture à Montricher.

L'écrivain iranien Mahmoud Dowlatabadi est le lauréat du Prix Jan Michalski 2013. Il est récompensé pour "Le Colonel", un livre "poignant" qui conte l'histoire d'un vieux militaire tourmenté par la perte de trois de ses enfants tués dans les soubresauts de la Révolution iranienne.

Né en 1940 à Sabzévâr dans le nord-est de l'Iran, Mahmoud Dowlatabadi est l'un des plus grands écrivains contemporains d'Iran. Il est l'auteur de nombreux récits, romans et pièces de théâtre, dont un recueil de nouvelles "Cinq histoires cruelles", premier ouvrage à être traduit en français en 2002.

Il vit à Téhéran où il enseigne la littérature persane. Interdit de publication en Iran, "Le Colonel" n'a jamais été édité dans sa langue originale. Le livre décrit l'atmosphère sombre et désespérée que mènent beaucoup d'Iraniens oppressés par les dérives idéologiques, écrit la Fondation Michalski qui a remis mercredi le Prix à la Maison de l'écriture à Montricher (VD).

Assassinée par les autorités

L'histoire se passe dans les années 1980. On frappe à la porte du colonel au plus profond de la nuit et deux hommes l’emmènent. Il doit récupérer le corps de sa fille, une adolescente qui a disparu deux mois plus tôt et a été assassinée par les autorités.

Le vieux militaire est tourmenté par sa conscience. Il se reproche de n’avoir pas su protéger sa famille: un de ses fils a été tué pendant la révolution de 1979, un autre a fait partie des martyrs de la guerre contre l’Irak. Et il doit affronter ses propres démons, car il a lui-même tué sa femme parce qu’elle lui était infidèle.

De cette famille décimée, il ne reste que son fils Amir, hanté par les atrocités du régime, et sa seconde fille mariée à un homme cruel, l'un des bras armés de la répression. Dans un dialogue avec son fils, le colonel se remémore les événements tragiques en Iran depuis la Seconde Guerre mondiale.

Quatrième édition

Le prix, doté de 50'000 francs, est remis pour la quatrième année consécutive. Il a été remporté l'an dernier par Julia Lovell pour son essai historique "The Opium War". L'originalité du prix est son aspect multiculturel: il entend contribuer à la reconnaissance internationale d'écrivains dans leurs diverses langues d'expression.

Cette année, le jury, présidé par Vera Michalski-Hoffmann, a distingué deux autres ouvrages: "L'Aigle et le Dragon - Démesure européenne et mondialisation au XVe siècle" de Serge Gruzinski ainsi que "Les Dépossédés", un roman du Suédois Steve Sem-Sandberg sur le ghetto de Lodz en Pologne, durant la Deuxième Guerre mondiale.