Porter une perruque pour retrouver sa féminité

Au salon "coup de coeur" à Morges, les trois coiffeuses permettent à des femmes qui ont perdu leur cheveux, principalement suite à un cancer, de retrouver un peu de féminité. Rencontre.
07 août 2015, 11:38
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
De gauche à droite: Béatrice Genoud, Martine Tardy et Sylvia Pérrez. Elles proposent des perruques pour les femmes qui ont perdu leur cheveux notamment suite à une maladie.

«Emotionnellement, ce n’est pas toujours facile à gérer», raconte Martine Tardy, patronne du salon de coiffure. Son employée Béatrice Genoud se souvient de la première fois où elle s’est occupée d’une cliente qu’elle connaissait d’avant la maladie: «Quand je lui lavais les cheveux et qu’ils tombaient, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer derrière mon bac.»

Dans un coin de la pièce, derrière un rideau mauve pour plus d’intimité, les trois coiffeuses accueillent avec compassion les femmes qui luttent contre un cancer. Concrètement, les patientes atteintes d’une maladie arrivent dans ce salon morgien par le bouche-à-oreille ou en consultant la liste de la Ligue vaudoise contre le cancer (Coiffure & manucure mixte Bernardin Jean-Emmanuel à Gland et Atmosphair à Nyon s’y trouvent aussi). En général, ces femmes prennent un premier rendez-vous avant la perte de cheveux pour choisir, sur catalogue, une perruque. «Dès que la cliente perd ses cheveux, elle nous appelle et on la prend le plus vite possible», ajoute la patronne.

Vient l’étape, peut-être la plus difficile, où les cheveux qui restent sont rasés et la perruque enfilée et adaptée. «Les gens ne devraient pas voir qu’une personne en porte une», relève Martine Tardy, pour qui ce point est primordial. «C’est gratifiant de voir quelqu’un qui arrive la mine défaite et repart droit avec un sourire.»

Pour adapter au mieux, les trois coiffeuses aux doigts agiles, coupent et recousent avec précision et délicatesse l’intérieur de la perruque. Celle-ci peut être composées de cheveux naturels ou en fibre synthétique à mémoire. Une fois coiffée, les cheveux artificiels retiennent la coupe et même après un lavage, reprendront la forme choisie, à la mèche près.

Article à lire mercredi 7 août dans "La Côte"