8

"A Dully, Zao a arrêté de prendre ses antidépresseurs"

Afin de mettre un terme aux rumeurs parues jusqu'à aujourd'hui, Françoise Marquet s'exprime. Retrouvez l'interview complète.
06 août 2015, 10:55
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Françoise Marquet a été conservatrice au musée d'Art moderne et au Petit Palais à Paris.

Excédée par ce qui a été écrit sur elle et son époux, Françoise Marquet a décidé de réagir. La troisième femme de Zao Wou-Ki, compagne du peintre depuis 39 ans, reste très attachée à son mari. A 65 ans, l'ancienne conservatrice au musée d'Art moderne et au Petit Palais à Paris semble usée mais déterminée à faire vivre l'oeuvre de "Zao" à laquelle elle a consacré sa vie. A Dully, la Française assure avoir trouvé un havre de paix, "un petit bout des paysages de Chine pour son mari" .

Pourquoi avoir quitté Paris pour Dully en octobre 2011?

Notre maison dans le XIVe arrondissement était sombre. Il fallait traverser un petit jardin pour se rendre de la chambre à la cuisine. Mon mari souffrait de bronchites tout l'hiver. Il était fatigué de la frénésie parisienne. La Suisse s'est imposée sans hésitation. Nous avons beaucoup de liens avec ce pays.

Quels sont-ils exactement?

Une très bonne connaissance nous a convaincus de venir ici. Par ailleurs, nous avons beaucoup d'amis ici, qui défilent à la maison. Mon époux connaît la Suisse depuis très longtemps. Arrivé en France en 1948, il avait découvert la Suisse en 1951 avec le collectionneur Nesto Jacometti. A Berne, il avait remarqué la peinture de Paul Klee, à la suite de quoi il est passé de la figuration à l'abstraction. Par ailleurs, la structure médicale est formidable. Les autres services mais surtout la beauté du lieu nous ont définitivement convaincus de venir.

Depuis votre arrivée, Zao Wou-Ki va-t-il mieux?

C'est certain. Zao a totalement arrêté de prendre ses antidépresseurs et a diminué ses médicaments pour dormir. Il est plus heureux, cela se voit.

Quelles sont vos relations avec ses enfants?

Nous voyons régulièrement la fille de Zao (ndlr: Sin-May). D'ailleurs, elle vient souvent nous rendre visite à Dully et comprend mon choix d'avoir déménagé ici. Son fils (Jia-Ling Zhao) n'a par contre jamais été en très bons termes avec mon époux. On ne le voyait que très rarement.

En quoi consiste votre rôle de tutrice de Zao Wou-Ki?

Je gère la collection de mon mari, comme je le faisais déjà auparavant, sauf que tout est contrôlé par un magistrat vaudois. Je discute avec les musées, prête les tableaux, organise des expositions, etc. Cela représente beaucoup de travail. Actuellement, nous avons cinq expositions en projet ou en cours. Un livre va également bientôt être publié. L’objectif est de préserver et de valoriser l’œuvre.

Pourquoi avoir choisi Marc Bonnant comme co-tuteur?

Je souhaitais m’appuyer sur quelqu’un pour ne pas prendre des décisions seules. Je ne voulais pas qu’on puisse me critiquer. Marc est un ami, quelqu’un avec qui je peux discuter de ces décisions.

Avez-vous peur de la suite de l’affaire en cours?

Non, car je n’ai rien à me reprocher. J’ai par contre été très affectée par ce qui est paru dans la presse française. J’ai toujours voulu le meilleur pour mon mari.

Zao Wou-Ki aurait réalisé un testament. Qu'en est-il?

Zao a fait un testament en 1977, puis l'a repris en 1997, devant un notaire et lorsqu'il était tout à fait capable de discernement. Depuis il n'a pas changé à ma connaissance.

Connaissez-vous son contenu?

Non, je ne sais pas du tout ce qu'il contient.