Les "Experts" en culottes courtes

Mardi, une dizaine d'enfants issus du Passeport-vacances se sont glissés dans la peau d'un criminaliste.
06 août 2015, 14:52
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Mais qui a tué le concierge? Et quelle est l'arme du crime? Autant de questions auxquelles Thaïssa (15 ans), Marnix (12 ans) et Hicham (12 ans) ont tenté de répondre, à l'occasion de la 21 e édition du Passeport-vacances de Gland. Parmi les nouveautés, l'animation "Sur les traces de la police scientifique" , organisée au laboratoire public de l'Eprouvette à l'Université de Lausanne. Mais oui, la police scientifique n'existe pas que dans les séries télévisées.

Mardi matin, une dizaine d'enfants participaient à cette activité, tous pressés de découvrir et de mettre en pratique les méthodes des criminalistes (les vrais). Dans le minibus, les garçons, que l'animation du jour passionne, imaginaient déjà de multiples scénarios meurtriers. Mais pourquoi avoir choisi la police scientifique? "Je regarde toutes les séries policières: "NCIS", "The Mentalist", "Bones", confie d'emblée Loris, 12 ans, qui rêve de devenir ingénieur en robotique. "Moi c'est surtout parce que j'aime la science et les scènes de crimes", avoue son voisin, qui se destine à être pilote de chasse ou archéologue. Et ils n'ont pas été déçus.

 

Une enquête dûment menée

 

De la scène de crime au laboratoire, les petits Glandois se sont glissés avec un plaisir non dissimulé dans la peau d'un criminaliste en compagnie de Fabien, étudiant en police scientifique et animateur d'un jour. Première étape: la blouse blanche. "C'est ce qui fait tout notre sérieux", plaisante Fabien, qui joue son rôle à la perfection. Pour mener l'enquête, masques, charlottes, gants et chaussons étaient également de rigueur. "Il ne faudrait surtout pas altérer les indices figurant sur la scène du crime", prévient Fabien. Des avertissements que nos "Experts" en culottes courtes prennent très à coeur. Une fois équipés, les enfants se sont rendus sur le terrain, situé dans les entrailles de l'Université de Lausanne, un lieu qui prête merveilleusement bien à la simulation d'une enquête criminelle.

Armés de leurs lampes de poche et attentifs aux instructions de Fabien, les participants du Passeport-vacances s'affairent autour du faux cadavre avec un sérieux inégalable. "Est-ce que c'est du vrai sang?", s'enquiert June. "Quand est-ce que le corps a été découvert? Le médecin légiste est-il déjà arrivé?", enchaîne Jérémia. "On s'y croirait vraiment" , lance Sylvie Dietrich, qui accompagne le Passeport-vacances depuis déjà dix-sept ans. Sur la scène du crime, chacun y va de sa petite hypothèse, sous le regard amusé de Fabien. "Je pense qu'il a été empoisonné par un cambrioleur avant de tomber de sa chaise", assure Marnix, l'esprit vif. "Non, moi je pense plutôt qu'il a été tué avec une balle de petit calibre et qu'on l'a ensuite déplacé dans la cave", rétorque Jérémia. "Ils regardent trop la télé" , déplore, fataliste, notre chauffeur retraité.

 

Une initiation pour le moins réussie

 

Durant toute la matinée, les apprentis "Experts" ont découvert les rudiments du travail de criminaliste: recherche d'indices, prélèvement, collecte et analyse de traces, comparaison d'empreintes digitales. De quoi susciter des vocations. Pour finir en beauté, les enfants ont eu droit à un petit cours théorique sur les armes, pour le plus grand bonheur des jeunes garçons. Au terme de cette initiation, tant les accompagnateurs que les petits se sont déclarés enchantés par cette initiative ludique et interactive. "Je ne regrette pas d'être venu, c'était encore mieux que ce que je pensais, se réjouit Loris. Je ne m'attendais pas à travailler sur une scène de crime." Même enthousiasme du côté de Tany, 13 ans: "J'ai appris plein de choses! C'était super de pouvoir faire comme s'il y avait eu un vrai meurtre." D'ailleurs, au final, qui est l'auteur du méfait? "C'est le suspect numéro six!" , s'exclame Marnix avec conviction. "C'est une femme, il s'agit sûrement d'un conflit conjugal" , analyse Julie, 13 ans.

Alors la police scientifique c'est comme à la télé ou pas? Alexandre est catégorique: "C'est beaucoup plus difficile dans la réalité. Dans les séries, ils mettent à peine 30 minutes pour découvrir l'identité du coupable" . Pas sûr que l'écolier regardera le prochain épisode des "Experts" avec le même oeil. Après cette visite dans les ateliers de la police scientifique, les juniors sont repartis vers d'autres aventures. Les uns se rendront à la REGA ou dans une station d'épuration, les autres iront danser sur les rythmes endiablés de la Zumba, apprendront l'origami ou les secrets des souffleurs de verre.