Les jeunes parents auteurs d'actes violents contre leur nourrisson écopent de peines réduites

Le sursis complet pour elle, partiel pour lui. La procureure qui avait requis deux ans et demi ferme contre la mère et trois ans et demi ferme contre le père n'exclut pas de recourir en appel.
09 déc. 2016, 16:36
/ Màj. le 09 déc. 2016 à 16:40
Un bébé de quelques semaines a subi des actes très violents de ses parents. Ceux-ci ont été condamnés moins sévèrement que requis.

Comme nous le révélions dans notre édition du 16 novembre, un jeune couple avait infligé des sévices odieux à leur nourrisson dès sa sortie de la maternité. Quelques semaines après sa naissance, la petite fille est emmenée par ses parents à l'hôpital en urgence. Elle est dans le coma, souffre d'une fracture au tybya et aux côtes, a de nombreux hématomes y compris sous-duraux. Elle fera également plusieurs crises d'épilepsie. Les symptômes d'un bébé secoué et battu sont attestés par les médecins. 

Les parents, tous deux âgés de 22 ans, immatures, sans travail régulier et en rupture avec leur famille, ont reconnu une bonne partie des faits. Ils ont admis qu'ils s'étaient trouvés complètement perdus lors de la venue de l'enfant. Les experts psychiatres attestent que la mère souffrait d'un déni de grossesse avéré qui a pu la mener à ces actes de violence. Mais si les experts relèvent une légère diminution de leur responsabilité pénale, ils relèvent aussi que dans des circonstances similaires le risque de récidive est toujours présent...

La Cour, faisant preuve de beaucoup d'empathie, a revu à la baisse les peines requises par le procureur. Elle a condamné la maman à 18 mois de prison avec sursis trois ans sous déduction de 74 jours de prison effectués avant jugement et 7 jours pour détention illicite. Le père est condamné à 36 mois de prison avec un sursis portant sur 18 mois pendant cinq ans. Il bénéficie aussi d'une diminution de 74 jours pour détention avant jugement et 7 jours pour détention illicite. Tous deux devront solidairement à leur fille 30 000 francs pour tort moral, ainsi que les frais de justice de l'avocate représentant leur fille. Ils devront aussi continuer leur traitement psychothérapeutique en ambulatoire. Enfin, ils devront continuer à voir leur fille une fois par semaine en présence d'un psychothérapeute. 

 

Découvrez les arguments de la Cour  dans nos éditions papier de lundi.

par Dominique Suter