Nyon: critique du spectacle "Asu Zoa" de Dieudonné

L'humoriste controversé français entamait lundi soir à Nyon sa série de 6 représentations. Critique
07 août 2015, 13:20
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
Au Théâtre de Marens, Dieudonné a fait salle comble.

«Oh putain, il s’en est passé des trucs depuis l’année dernière. Encore aujourd’hui, j’suis interdit en Angleterre...»

Hier soir, pour sa première nyonnaise, Dieudonné n’aura pas eu à forcer pour instaurer la connivence avec son public. Ovation au début, ovation au milieu, ovation à la fin. Il faut dire que l’humoriste avait mis de l’eau dans son vin après les récentes affaires. Les attaques antisémites absentes, ou à peine suggérées, reste de son spectacle une suite de scènes parfois hilarantes. D’abord la condition de l’Afrique, et notamment des soldats ayant servi la France contre l’ennemi allemand durant la Deuxième Guerre mondiale. Après cette incartade africaine, le voilà qui revient à son actualité: «Avec ce qui m’est arrivé, je suis rentré dans l’histoire. Par le conduit des chiottes, mais quand même...» Puis de décrire une discussion avec son fils voulant devenir humoriste: «ça, jamais! Humoriste, c’est une profession qui va disparaître dans peu de temps... Je m’y emploie tous les jours...»

Au final, Dieudonné en profite pour redéfinir le sens de ses quenelles comme une résistance totale envers les coups de la vie. Il y décrit alors un jeune homme (issu d’une histoire véridique) atteint d’un cancer généralisé à 17 ans et qu’il a fait monter sur scène, à sa demande, se sachant condamné. Amaigri, l’adolescent, raconte Dieudonné, fait une suite de quenelles devant l’incrédulité de l’humoriste lui-même en finissant ainsi: «Une quenelle gigantesque dans le fion de la peur!»

Le spectacle s’achève ainsi. Oui, Dieudonné a toujours le talent pour lui. Il faudra encore compter avec sa présence de longues années.