S'engager, oui mais pourquoi?

Indignés, résignés ou passionnés? Comment sont les jeunes lémaniques. Un forum organisé vendredi montre qu'ils sont tout cela et encore bien plus.
06 août 2015, 14:44
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Est-ce que le printemps arabe ou le mouvement Occupy Wall Street ont laissé des traces ici dans la région? Comment sont les jeunes? Sont-ils indignés, résignés ou passionnés? Quelle est leur capacité d'engagement? Vendredi matin, un forum public organisé par Uni Global Union, le magazine Bilan et la ville de Nyon, tentait de se pencher sur ces questions. La matinée a été de haute tenue, tant grâce aux invités, notamment Diablox9 qui commente des jeux vidéos sur internet, Pascal Meyer, Monsieur QoQa, le site de vente enligne, Signe Bo, du Conseil des jeunes Danois, Jeronimo Calderon, de l'organisation genevoise Euforia, le député vert Raphaël Mahaim, la conseillère communale nyonnaise Jessica Jaccoud ou la triathlète Ellen Sprunger qui avait banni la langue de bois. Mais aussi grâce au public, composé majoritairement des gymnasiens de Nyon qui ont pris la parole, se montrant incisifs dans les propos, enthousiastes et très participatifs.

 

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Les 15-30 ans sont majoritairement résignés. C'est une étude menée pour l'occasion par la HEG (la Haute école de gestion de Genève) qui le dit à travers 200 jeunes interrogés. Et pourtant... Vendredi matin, lors des diverses tables rondes, on sentait de la passion chez eux, mais aussi des interrogations et des doutes. " Pourquoi doit-on entrer dans cet engrenage de la vie où l'on est des pigeons, avoir un salaire pour payer ses impôts et à manger? On est passionnés, mais comment faire pour que nos passions ne se transforment pas en rêve?", a questionné un étudiant. Réponse d'une enseignante. " Les élèves ne sont pas résignés, ils ne savent pas comment prendre la réalité, on les transforme en superconsommateurs, des gens faciles à manoeuvrer. Ils sont indignés et passionnés. Mais aussi démotivés, un sentiment lié à l'impuissance. "

 

"Les jeunes, c'est le présent"

 

Mais en Suisse, pays préservé, a-t-on le droit de se plaindre, de s'élever ou de crier à l'injustice? A cette question, Adrien Genecand, conseiller municipal PLR à Genève a répondu par la négative. " Rendez-vous compte de la chance que l'on a! Vous ne pouvez pas être indignés. En Suisse, on peut tout faire. Ailleurs dans le monde, on a dû s'immoler pour avoir le droit de prendre la parole. Dans cette salle, un jeune sur 20 a voté le week-end dernier. Ce qui est indignant, ce sont les citoyens qui ne votent pas!" Jessica Jaccoud, conseillère communale socialiste, estime au contraire qu'il y a mille et une raisons de s'indigner, "et c'est ce qui mène à l'engagement politique, associatif ou social, comme aider sa voisine âgée à faire des courses."

"Pour éviter de s'engager, on a inventé le cynisme: "de toute manière, c'est mort, dans 30 ans, c'est la fin du monde" , a commenté Jeronimo Calderon, fondateur de l'organisation genevoise Euforia pour l'engagement des jeunes. On nous dit que les jeunes, c'est l'avenir, ça m'énerve ça! Non, c'est le présent! Si on a des envies, on peut. Commencez par la passion! "