Si les Vieilles Charrues voyagent, Paléo tient à son ancrage local

L'équipe bretonne des "Les Vieilles Charrues", deuxième plus grand festival européen en termes d'affluence, a eu l'idée intéressante d'exporter leur marque et leur savoir-faire la semaine dernière à New York, dans Central Park. Est-ce que le Paléo, l'un des partenaires privilégiés du festival finistérien serait tenté de prendre le même chemin? Réponse du président du festival nyonnais Daniel Rossellat.
07 oct. 2016, 15:56
/ Màj. le 07 oct. 2016 à 16:09
Jacques Monnier et Daniel Rossellat, deux vieux amis qui lancèrent en 1976, sans plan marketing aucun, un petit festival folk à Nyon. Pas question pour le président de Paléo d'imaginer un autre lieu que Nyon pour le festival.

Daniel Rossellat a regardé le spectacle des Vieilles Charrues de New York à distance, non sans plaisir. Merci les réseaux sociaux. Le syndic de Nyon avait fait un bond dans le chaudron de Corona-Flushing pour observer le succès d'un tennisman bien de chez nous. New York, le boss de Paléo connaît, thank you very much. Mais parlons musique avec le créateur de Paléo. Quelle serait la plus-value pour un festival philosophiquement proche des Vieilles Charrues comme l'est Paléo de s'exporter le temps d'une ou plusieurs soirées sur des terres lointaines? Le syndic de Nyon et patron du plus grand "open air" de Suisse romande a son idée et elle est quelque peu tranchée.

"Paléo est une marque attachée à un lieu. Nos collègues des Vieilles Charrues ont voulu se faire plaisir. Personnellement, je voyage beaucoup pour voir les festivals des autres mais j'ai bien assez à faire avec notre festival nyonnais." Et puis il y a cette légitimité du nom: "si je suis programmateur et je dis que je fais un festival nommé Paléo dans un pays d'Afrique ou ailleurs, c'est sûr qu'on va tout de suite prendre mon appel. Si j'organise un petit festival perdu en Suisse, là c'est beaucoup moins évident qu'on me parle..." 

On aura donc compris que toute la force de Paléo réside dans son ancrage nyonnais avec cette capacité à attirer sur son nom et sa localisation des grands noms de la musique. L'autre argument est que Paléo a un savoir-faire qui rassure tout le monde par chez nous. "On avait eu une mauvaise expérience en prêtant notre nom sur un événement à Malley. Il était organisé dans le cadre d'un spectacle attaché au Lausanne Hockey Club. Ce ne fut pas un bon souvenir. L'entreprise organisatrice avait d'ailleurs fait faillite. Les fournisseurs sont revenus vers nous en nous disant qu'ils n'auraient jamais fait confiance à cette agence s'il n'y avait pas le nom de Paléo sur l'affiche..." explique Daniel Rossellat. D'autres épisodes plus récents en Suisse prouvent bien que la "délocalisation" ratée d'un festival réputé comme le Montreux Jazz Festival au coeur de la carrière de St-Triphon peut s'avérer dommageable pour un festival vaudois habitué au luxe des salles du Montreux Convention Center. Donc, non! Paléo restera bien nyonnais et bien sûr on peut certainement s'en réjouir. 

par David Glaser