22.12.2017, 00:01

Hélène Zambelli a appris à chanter avant de parler

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Hélène Zambelli a appris  à chanter avant de parler

 22.12.2017, 00:01 Hélène Zambelli a appris à chanter avant de parler

MORGES Hélène Zambelli dirige, aux Trois P’tits Tours, une vingtaine de chanteurs et musiciens dans une reprise de Kurt Weill, jusqu’au 31 décembre.

«J’ai baigné dans le spectacle depuis toujours. J’ai appris à chanter avant de parler», explique Hélène Zambelli. On la croit aisément. Parlant à la femme de ménage qui passe l’aspirateur dans le hall des Trois P’tits Tours, elle l’incite à aller voir le spectacle, se lançant ensuite dans des vocalises et tapant du pied en cadence quand elle n’éclate...

«J’ai baigné dans le spectacle depuis toujours. J’ai appris à chanter avant de parler», explique Hélène Zambelli. On la croit aisément. Parlant à la femme de ménage qui passe l’aspirateur dans le hall des Trois P’tits Tours, elle l’incite à aller voir le spectacle, se lançant ensuite dans des vocalises et tapant du pied en cadence quand elle n’éclate pas d’un rire qui aurait la sonorité d’un rayon de soleil, s’il pouvait en avoir une...

Elle se réjouit, à ce titre, de vivre les Fêtes dans un lieu qui lui est cher. Si elle œuvre étroitement depuis 1999 avec la troupe, son père, Gérald Zambelli, en fut l’un des fondateurs en 1959. Jusqu’au 31 décembre, elle dirigera la vingtaine de comédiens, choristes et musiciens participant à la «Grande parade musicale» de Kurt Weill, en reprise après le succès initial de 2016. En sus de jouer du piano, elle a formé les chanteurs. «Kurt Weill est tout sauf facile en termes de tonalités et de rythmes». Elle rend hommage aux interprètes: «Des amateurs, mais qui s’engagent beaucoup et donnent le meilleur d’eux-mêmes dans un univers qui est une vraie formule de bonne humeur idéale pour la fin de l’année».

Un parfum d’enfance

Elle apprécie d’autant plus Weill que «ce caméléon génial qui a touché à tous les types de musique, du cabaret berlinois de 1930 à la guimauve hollywoodienne des années 1940» s’inscrit également dans ses souvenirs d’enfance. «J’ai vu et entendu, par exemple, “L’Opéra de quat’sous” pour la première fois au Théâtre de Vidy, en compagnie de mes parents.» Des parents qui ont tous deux joué un rôle essentiel, dans l’éclosion de sa vocation artistique. Si papa est physicien et théâtreux, maman est institutrice et a fait de la radio en étant l’une des protagonistes des aventures de «Ouin-Ouin», ce feuilleton qui a fait la joie des auditeurs de Radio-Sottens dans les années 1960. Un héritage qui l’a amenée à s’associer à une création intitulée «La radio d’Emile», dédiée à Emile Gardaz, animateur inimitable et poète des ondes, en novembre dernier au Petit théâtre.

Le syndrome du cœur brisé

Gamine, elle composait déjà des mélodies. A l’école, elle faisait le clown. Ce qui ne l’a pas empêchée de s’enthousiasmer pour les cours de latin. Elle récite encore, de mémoire et dans la langue de Virgile, des vers de l’Enéide. Plus tard, à l’UNIL, elle a étudié l’archéologie et le français en sus de la Musique au Conservatoire.

Elle est ensuite devenue prof dans un collège secondaire à Chavannes-près-Renens. Elle a monté des comédies musicales avec les élèves de l’option théâtre et des collègues touchés par le même virus. Dix ans plus tard, elle a sacrifié un emploi sûr pour voler de ses propres ailes et partager son temps entre ses projets d’artiste et la pédagogie du chant pour adultes. «J’aimerais aider les gens à retrouver leur âme d’enfant. Me sentant très jeune, j’ai le sentiment de pouvoir faire quelque chose pour eux.»

En 2013, ce concentré d’énergie a été foudroyé par un infarctus, évoqué franchement. «Ce que j’ai eu s’appelle le syndrome du cœur brisé et résulte du stress. En clinique, j’ai appris, en outre, que j’étais surdouée (elle pouffe!), cela m’a fait une belle jambe mais m’a permis aussi de mieux me connaître

Une chatte qui miaule comme Janis Joplin

Hélène Zambelli vit seule. Une solitude assumée, entre ses livres – du policier à l’essai de physique quantique – et une vieille chatte, récupérée dans la rue et sauvée de la mort un soir de 24 décembre neigeux, trois jours après la perte d’un autre félin. «Je l’appelle “Janis Joplin”, vous comprenez pourquoi?» Elle imite un miaulement, un feulement rauque et enroué. «C’estun beau conte de Noël, non?» On ne peut que lui donner raison.


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