01.12.2017, 00:01

L’exécutif refuse toute enquête sur les prisons

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La ministre Béatrice Métraux a souligné à quel point le secteur pénitentiaire, qu’elle supervise, était un domaine.

 01.12.2017, 00:01 L’exécutif refuse toute enquête sur les prisons

Par ats

VAUD Le Conseil d’Etat estime qu’il n’y a pas lieu d’instaurer une enquête parlementaire sur la gestion du Service pénitentiaire.

A l’unanimité, le Conseil d’Etat vaudois propose au Grand Conseil de rejeter la Commission d’enquête parlementaire (CEP) sur la gestion du Service pénitentiaire (SPEN). Il estime que ce service a su mettre en œuvre «les réformes qui s’imposent».

Cette commission, souhaitée dans cette affaire par l’UDC et une partie du PLR, «est un instrument extraordinaire» pour des événements «de grande...

A l’unanimité, le Conseil d’Etat vaudois propose au Grand Conseil de rejeter la Commission d’enquête parlementaire (CEP) sur la gestion du Service pénitentiaire (SPEN). Il estime que ce service a su mettre en œuvre «les réformes qui s’imposent».

Cette commission, souhaitée dans cette affaire par l’UDC et une partie du PLR, «est un instrument extraordinaire» pour des événements «de grande portée, exceptionnels», a souligné jeudi le chancelier Vincent Grandjean devant la presse à Lausanne. Et de l’avis du gouvernement, la situation du SPEN ne requiert pas l’utilisation d’un tel outil.

«Le SPEN a connu des avancées ces dernières années et ce, malgré un contexte de surpopulation carcérale», a défendu Béatrice Métraux, conseillère d’Etat en charge du Département des institutions et de la sécurité (DIS). La ministre écologiste a alors détaillé «le grand travail» d’adaptation, d’insertion ou encore de prévention engagé ces six dernières années.

Effectifs renforcés

Création ou transformation de près de 250 places de détention en quatre ans, augmentation depuis 2012 de 45% du personnel, «adaptation perpétuelle» aux changements légaux et sociétaux. Le SPEN sait mettre en œuvre les réformes nécessaires, a-t-elle défendu.

Reste que le courrier envoyé cet été par une soixantaine de détenus de l’établissement pénitentiaire de Bochuz au DIS et à la présidente du Grand Conseil pour se plaindre de la gestion de la prison et réclamant la démission du directeur n’est pas resté sans conséquence.

Celui-ci a ainsi été «libéré de ses obligations» et une enquête administrative est en cours. Un expert indépendant devra notamment se pencher sur des «difficultés de communication», se limite à répondre la conseillère d’Etat, plusieurs fois interrogée sur le sujet.

S’exprimant plus largement sur le secteur pénitentiaire, Béatrice Métraux a en outre répété qu’il s’agit d’un domaine «complexe». Et qu’il existe certes des difficultés mais qu’elles sont en partie inhérentes à ce milieu.

Débat tendu

Le Conseil d’Etat avait jusqu’au 30 novembre pour rendre sa détermination sur cette requête de CEP. Le Grand Conseil discutera et votera sur le sujet en janvier. Et le débat risque bien d’être tendu.

Lors du dépôt de cette demande, l’UDC avait souligné que malgré de nombreuses interpellations sur la gestion du SPEN, il n’y avait pas eu d’effets notables. Le chef de groupe des Verts, Vassilis Venizelos, avait alors bondi: «Je dénonce et je m’indigne», avait lancé le député, qualifiant la requête de «totalement irresponsable».

A peine la position du Conseil d’Etat connue, les Verts ont réagi avec satisfaction par voie de communiqué. Et de qualifier la demande de CEP «d’agitation politicienne» soulignant qu’il s’agit d’un outil lourd, onéreux, chronophage et dans ce cas précis disproportionné.

Pour le PS, la requête de CEP est «hors de propos». Et de regretter l’utilisation «hypocrite» de cet outil par l’UDC «qui cherche à exister publiquement autrement que par ses dissensions internes».

Compromis mis à mal

Après le débat crispé sur les soins dentaires mardi, cette affaire illustre le récent durcissement des fronts dans le canton de Vaud après des années de compromis dynamique.

Les écologistes confient qu’ils espèrent que la majorité de droite du Grand Conseil «finira par retrouver la voie du travail constructif plutôt que de s’enfoncer dans le cul-de-sac de la lutte partisane agressive stérile dans laquelle elle semble s’être engagée depuis le début de cette législature». ats


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