La Banque Coop épinglée pour manipulations du cours de ses propres actions

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Banques La Banque Coop a été épinglée par la Finma pour avoir manipulé le cours de ses actions entre 2009 et 2013.

  29.10.2014, 14:33
Les pratiques de la Banque Coop sont dans le viseur de la Finma.

L'autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) épingle la Banque Coop pour manipulation du cours de ses propres actions au porteur entre 2009 et 2013. Des mesures sont prises contre l'établissement. Son ancien directeur général, Andreas Waespi, écope d'une interdiction d'exercer durant trois ans, que ce dernier juge "infondée".

C'est une enquête approfondie quant au comportement sur le marché de diverses banques qui a révélé le pot aux roses, a communiqué mercredi la FINMA. En mars 2014, le gendarme fédéral a alors ouvert une procédure contre l'établissement bâlois, qui a révélé de graves infractions aux dispositions prescrites par le droit de la surveillance.

Entre l'été 2009 et le printemps 2013, la Banque Coop s'est adonnée à des opérations de rachat de ses propres titres dans le but de contrebalancer la chute du cours. Ce dernier a notamment bénéficié d'un coup de pouce avant et après la publication des résultats, ainsi qu'en fin de mois ou d'année. Selon la FINMA, ni l'établissement, "ni aucune personne y travaillant ne s'est enrichie par ce moyen".

Interdiction d'exercer

Le 24 octobre, l'autorité de surveillance a mis un terme à la procédure, en imposant des mesures contre l'établissement contrôlé majoritairement par la Banque cantonale de Bâle. Parallèlement, la FINMA a prononcé une interdiction d'exercer, limitée à trois ans, à l'encontre d'Andreas Waespi, jugé "principal responsable de cette manipulation du marché".

En juillet 2013, la Banque Coop a de son propre chef mis fin aux pratiques incriminées. Selon le gendarme des banques, l'établissement s'est montré coopératif durant la procédure le visant et a ainsi contribué "à un éclaircissement rapide des faits".

Dans un communiqué séparé diffusé mercredi, la Banque Coop a "pris acte" de la décision de la FINMA à son encontre. S'il "déplore" cette situation, l'établissement tient à rappeler que dans le cadre de son enquête, le gendarme des banques "n'a pas constaté de faits passibles de poursuites pénales".

Sise à Bâle, la Banque Coop a pour actionnaire majoritaire la Banque cantonale de ce canton depuis 2000. Au premier semestre 2014, le résultat net de l'institut financier a bondi de plus de moitié à 39,6 millions de francs. Apuré du montant lié au financement du découvert de la caisse de pension payé en 2013, le bénéfice affiche une hausse de 4,5% au regard du montant dégagé durant les six premiers mois de l'an dernier.

Contrat rompu

Corollaire de l'interdiction d'exercer durant trois ans imposée par la FINMA à Andreas Waespi, la Banque cantonale d'Argovie va devoir se trouver un nouveau patron. L'ancien directeur général de la Banque Coop devait en effet prendre les rênes de l'établissement sis à Aarau au printemps 2015.

Après l'annonce des sanctions imposées à la Banque Coop et à son ex-directeur général, la Banque cantonale d'Argovie et M. Waespi ont décidé d'un commun accord de rompre le contrat de travail qu'ils avaient signé, a annoncé mercredi l'institut financier. Ce dernier indique "regretter" ce développement inattendu.

Andreas Waespi, qui a quitté la Banque Coop en août dernier après neuf ans à sa tête, aurait dû prendre en mai 2015 la succession de Rudolf Dellenbach. Ce dernier devait pour sa part partir à la retraite à fin avril.

Dans son communiqué, la Banque cantonale d'Argovie souligne que M. Dellenbach a accepté de rester en poste jusqu'à ce qu'un nouveau directeur soit désigné. Le conseil d'administration de l'établissement est sur le point de lancer une procédure de recrutement.

Tiré les conséquences

Pour Andreas Waespi, 53 ans, l'interdiction d'exercer imposée par la FINMA est "infondée" et "disproportionnée", a-t-il fait savoir à l'ats dans une prise de position. Il va examiner la possibilité de faire recours contre cette mesure.

L'ancien patron "ne s'est en aucune manière enrichi et n'a jamais porté préjudice à un investisseur", écrit-il encore. Il a néanmoins tiré les conséquences de la décision du gendarme financier et quitte avec effet immédiat la présidence de Swisscanto.

L'intérim est assuré par le vice-président, Alois Vinzens, a communiqué de son côté la fondation de placement et coentreprise des banques cantonales. Ce jusqu'à l'élection d'un nouveau président.

M. Waespi a grandi à Zurich et réside désormais à Therwil (BL). Il a complété sa formation à la Swiss Banking School, puis a successivement travaillé pour la Banque populaire suisse et Credit Suisse. En 1996, il a rejoint la Banque cantonale de Bâle. Neuf ans plus tard, il a accédé à la tête de la Banque Coop.


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