Les deux grandes banques suisses ont vécu une année 2012 compliquée

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Crise financière Le marché difficile et l'adoption de nouvelles règles en matière de fonds propres ont contraint les deux grandes banques helvétiques à accélérer leur restructuration.

  28.12.2012, 11:31
Quatre ans après son éclatement, la crise financière a continué de peser tout au long de 2012 sur UBS et Credit Suisse.

Quatre ans après son éclatement, la crise financière a continué de peser tout au long de 2012 sur UBS et Credit Suisse. Confrontées à un Environnement de marché difficile et à l'adoption de nouvelles règles en matière de fonds propres, celles-ci ont dû se résoudre à accélérer leur restructuration.

Egalement touchées par les conflits fiscaux entre la Suisse et plusieurs pays étrangers, UBS et Credit Suisse ont aussi dû faire face à contexte de marché difficile. Alors que la crise de la dette dans la zone euro s'est amplifiée, touchant notamment à des degrés différent l'Italie et l'Espagne, et que le cas de la Grèce peine à trouver solution, les investisseurs redoublent de prudence.

A une conjoncture toujours hésitante, à tout le moins en Europe, vient s'ajouter la mise en oeuvre de règles plus sévères en matière de fonds propres. Dans ce contexte d'après-crise financière, la Banque nationale suisse (BNS) va se rappeler aux oreilles des dirigeants des deux grandes banques.

Dévoilant début juin son désormais traditionnel rapport sur la stabilité financière, l'institut d'émission juge insuffisants les fonds propres d'UBS et Credit Suisse en cas de crise majeure, comme une dégradation de la crise de la dette dans la zone euro par exemple. La BNS pointe tout particulièrement du doigt Credit Suisse.

Restructurations

S'il fait mine de contester dans un premier temps la vision de la BNS, le numéro deux bancaire suisse ne tarde pas à prendre des mesures pour renforcer son capital de 15,3 milliards de francs en 2012. Aux émissions d'obligations convertibles et aux cessions d'immobilier viennent s'ajouter des mesures d'économies renforcées.

Avec la publication de ses résultats du 3e trimestre, Credit Suisse annonce 1 milliard de francs d'économies supplémentaires jusqu'en 2015 pour réduire ses coûts de 4 milliards au total. De nouvelles coupes qui n'iront pas sans diminutions de postes. Celles-ci s'ajoutent aux 3500 suppressions d'emplois décidées l'an passé.

Credit Suisse a dans la foulée revu son organisation, en regroupant ses divisions banque privée et gestion institutionnelle, lesquelles formeront l'entité Private Banking & Wealth Management. Côté UBS, la réorganisation a elle pris une tout autre ampleur, le numéro un bancaire annonçant fin octobre l'accélération de la restructuration de sa banque d'affaires, soit la division Investment Bank.

D'ici à 2015, UBS ramènera son effectif total à 54'000 salariés en supprimant près de 10'000 emplois, dont 2500 en Suisse. La coupe touchera surtout Londres, ainsi que New York. La banque aux trois clefs prévoit aussi de biffer des emplois dans l'informatique.

Banque d'affaires redimensionnée

Source de pertes chroniques depuis la crise financière, la banque d'investissement va se concentrer sur ses points forts, à savoir le conseil, l'analyse financière, les changes et les métaux précieux. Certaines lignes de métier, notamment les emprunts et les titres, seront abandonnées. Voraces en capital et risqués, ces domaines ont vu leur rentabilité mise à mal par l'évolution des marchés et les changements réglementaires.

Ainsi, nombre d'affaires qui étaient rentables il y dix ou quinze ans, ne le sont plus en considérant les règles de Bâle III. Et depuis l'amorce l'an dernier du réalignement de ce secteur, les exigences réglementaires sont devenues encore plus sévères. Ces mesures supplémentaires doivent permettre à UBS d'économiser au total 5,4 milliards de francs par an d'ici à 2015.

Affaire Adoboli

L'affaire de l'ex-trader Adoboli a elle connu son épilogue. Reconnu coupable le 20 novembre par le tribunal londonien de Southwark de fraude, Kweku Adoboli a écopé d'une peine de sept ans de prison. L'accusation lui a reproché d'avoir dépassé ses limites de courtage, en inventant des opérations fictives et en mentant à ses supérieurs pour faire progresser son bonus et sa carrière.

Outre un dommage de 2,3 milliards de dollars, l'affaire Adoboli se solde également pour UBS sur une amende de plus de 44 millions de francs infligée par l'autorité britannique de régulation du secteur financier (FSA). Celle-ci a sanctionné d'importantes lacunes de contrôle.

Mais l'année n'était pas finie. Le 19 décembre, UBS écopait d'une amende de près de 1,4 milliard de francs (1,1 milliard aux Etats-Unis et 238 millions au Royaume-Uni) pour mettre un terme aux enquêtes liées au scandale de manipulation du Libor dans ces pays.

Sur ce montant, 59 millions de francs reviendront à la Confédération au titre de confiscation des bénéfices réalisés de manière indue, selon une sanction de l'Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA). Le taux Libor est l'instrument déterminant les conditions auxquelles les banques se prêtent de l'argent.


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